Chamanes Kogis et scientifiques se réunissent pour analyser un territoire français

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La restauration des écosystèmes par le rachat de terres

Dans le but de freiner la destruction de la Sierra Nevada de Santa Marta, l’association Tchendukua Ici et Ailleurs entreprend, depuis 1997, le rachat et la restitution de terres au profit des communautés indigènes Kaggabas (Kogis), considérées comme étant les plus à même de restaurer les écosystèmes forestiers des zones dégradées.

Depuis 2006 la Fondation GoodPlanet a décidé de soutenir ce projet et a permis la restitution de 282 hectares aux indiens Kogis.

La Sierra Nevada de Santa Marta, située dans le Nord de la Colombie, est une montagne haute de 6 000 mètres considérée comme l’une des régions les plus riches au monde en termes de biodiversité. Elle est également l’habitat des Indiens Kogis, derniers héritiers des grandes sociétés précolombiennes du continent sud-américain. En raison de la conversion en terres de culture et d’élevage, de l’exploitation des bois précieux et de la pression touristique, la Sierra Nevada de Santa Marta a perdu 78 % de sa couverture forestière en 30 ans.

La restitution de leurs terres ancestrales aux communautés Kogis permet la régénération des écosystèmes forestiers et de la biodiversité grâce à leur savoir-faire traditionnel.

Pour en savoir plus sur le projet cliquez ici : https://www.goodplanet.org/fr/projet/preservation-restauration-de-biodiversite/regeneration-de-foret-colombie/

 

Un diagnostic croisé entre deux mondes : chamanes kogis et scientifiques

En 2018, pour la première fois, trois chamanes kogis de Colombie et une quinzaine de scientifiques occidentaux se sont rencontrés au chevet d’un territoire de la Drôme. Le but était de mener un diagnostic sur l’état de santé d’un territoire du Haut-Diois, au sud du Vercors afin d’enrichir les savoirs respectifs et de diagnostiquer les besoins de la nature.

 

C’est l’une des premières fois en Europe que les connaissances « traditionnelles » des Kogis ont été reconnues et mises en dialogues avec les « savoirs » de scientifiques modernes autour de l’analyse d’un territoire.

 

Cet évènement, initié par Tchendukua et l’École pratique de la nature et des savoirs, a permis la rencontre entre trois chamanes, deux hommes mamus et une femme saga, et des scientifiques : des géographes, des spécialistes de la flore, de la faune, de la géologie, un astrophysicien, un géobiologue, des anthropologues, des biologistes, des agronomes, des médecins, des philosophes et des linguistes.

 

Bien que le vocabulaire et les approches diffèrent, chamanes et scientifiques sont rapidement tombés d’accord sur beaucoup d’éléments de ce diagnostic. Par exemple, les chamanes kogis ont diagnostiqué, par une méthode d’analyse qui leur est propre, que la présence des pins noirs, arbre étranger au territoire, appauvrissait les sols et ne permettait pas la régénération des arbres « natifs ». Les scientifiques sont arrivés à la même conclusion en utilisant cependant une approche différente.

 

« L’intention était de rapprocher les points de vue de personnes qui ne connaissaient pas, ou à peine, ce territoire. Et surtout d’essayer de faire dialoguer deux regards, deux systèmes de compréhension du monde, en sortant pour une fois des discours abstraits des salles de conférences pour interroger le terrain »

Éric Julien, fondateur de l’association Tchendukua Ici et Ailleurs.

 

©Tchendukua

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