La démence liée au trafic routier et à la pollution de l’air

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Route coupée par une dune, vallée du Nil, Égypte (25°22’ N, 30°23’ E). © Yann Arthus-Bertrand

Des scientifiques canadiens ont établi un lien entre le fait de vivre à proximité d’une grande route et les maladies dégénératives de la vieillesse comme la démence. Ainsi, en étudiant la population de l’Ontario au Canada, ils ont trouvé que les individus qui habitent à moins de 50 mètres d’une route passante ont 7 % de probabilités supplémentaire de développer la démence ou la maladie d’Alzheimer que ceux qui vivent à plus de 300 mètres d’une telle route.  La pollution de l’air, le bruit et le stress figurent parmi les facteurs explicatifs de ces résultats.

Des effets sur le cerveau

« Notre étude est la première à suggérer un  lien entre la démence et les polluants  rejetés quotidiennement par le trafic routier. Nous savons déjà grâce à de précédentes recherches  que la pollution de l’air pouvait s’infiltrer dans le sang et conduire à des inflammations voire  des maladies cardiovasculaire ou des diabètes. Notre étude suggère que la pollution de l’air peut affecter le cerveau via la circulation sanguine et aboutir à des troubles neurologiques », affirme le docteur Ray Copes, en charge des questions de santé environnemental au sein du Public Health Ontario (PHO) et co-auteur de l’étude.

Cité par ScienceDaily, le docteur Hong Chen, chercheur au PHO  qui a dirigé cette étude, estime que : « aujourd’hui, nous connaissons très peu les moyens de réduire les risques de démence. Mais, nos résultats montrent que plus vous vivez près d’une route avec un trafic important au quotidien, plus vous avez de risques de développer de la démence. Avec notre plus grande exposition au trafic routier et notre tendance à habiter à ville, cela devient un problème de  santé publique ».

Ces résultats sont parus dans la revue médicale The Lancet, les scientifiques cherchaient à démontrer un lien entre le trafic routier et la démence ainsi que la maladie de Parkinson et les scléroses multiples. Ils ont pu étudier 6,5 millions d’adultes  de l’Ontario. A partir de leur adresse postale, ils ont pu déterminer leur éloignement d’une route passante. Ils ont relevé 243611 cas de démence, 31,577 cas de maladie de Parkinson et 9,247 cas de sclérose entre 2001 et 2012. Pour ces 2 dernières pathologies, ils n’ont trouvé aucune corrélation avec le trafic routier.

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