La politique américaine d’aide aux droits des gays contreproductive en Afrique

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Des militants LGBT protestent contre les lois répressives en 2014 © AFP PHOTO/SIMON MAINA

Des militants LGBT protestent contre les lois répressives en 2014 au Nigeria © AFP PHOTO/SIMON MAINA

Depuis 2012, les Etats-Unis ont dépensé plus de 700 millions de dollars pour soutenir les droits des homosexuels dans le monde. La moitié des fonds est allée à l’Afrique sub-saharienne. Le New York Times constate que ces dépenses de l’USAID n’ont pas eu les effets escomptés puisque de nombreux pays du continent, comme le Nigeria et l’Ouganda, ont durci leur législation à l’encontre des gays et des lesbiennes et que l’homophobie s’exprime plus facilement.

A partir de 2012, les Etats-Unis ont souhaité lancer une campagne d’extension des droits civiques pour les homosexuels dans le monde, notamment en Afrique en orientant leurs aides au développement. Ils financent des organisations locales de défense des droits. Cela s’est également traduit par des discours du président Obama pour la tolérance lors de sa visite en Afrique. Et les résultats ont été divers, dans certains cas un dialogue a été possible, mais dans d’autres elle a rendu visible et exposé les gays et les lesbiennes aux représailles. Ainsi, lorsque l’Ouganda a mis en place une politique répressive contre les homosexuels, certaines aides ont été réduites.

« La situation a empire avec le soutien américain. Il y a dorénavant plus de résistance, cela a activé le mécanisme de défense des gens », estime Mike, étudiant en biologie au Nigeria. Dans ce pays, depuis 2014, une loi rend passible de 14 ans d’emprisonnement les relations entre personnes de même sexe. Les observateurs ont vu dans cette loi une réaction à la politique conduite par les Etats-Unis. La loi va même jusqu’à punir toute activité de soutien au mouvement gay. L’émergence de ce dernier est perçu comme une tentative d’imposer des valeurs et des modes de vie étrangers.

« Maintenant, des gays sont molesté et traqués dans les rues. C’était évitable », estime Odinkalu de l’ONG, basée au Nigeria, National Human Rights Commission. « J’avais averti les diplomates, en privé, qu’ils risquaient de causer plus de mal que de bien. » Ainsi, en plus des violences et de la discrimination qui sont moins signalées, les homosexuels sont aussi moins suivis médicalement, ce qui pose un problème dans le dépistage et le traitement du VIH.

Début 2015, 36 états sur les 54 qui composent l’Afrique ont adopté des lois contre l’homosexualité. C’est le cas de 76 pays dans le monde.

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