Mobilisation inédite contre la pêche illégale en Guyane

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FRANCE (GUIANA), Remire-Montjoly : Un navire de pêche brésilien, le « Titan » est photographié le 28 juillet 2012 à Remire-Montjoly. Le « Titan » a été arraisonné, puis dérouté le 28 juillet au matin, pour pêche irrégulière dans les eaux françaises au large de la Guyane par un patrouilleur de la Marine nationale actuellement positionné en renfort de contrôle des pêches. AFP PHOTO / JEROME VALLETTE

En grève depuis le 30 janvier, les pêcheurs guyanais se mobilisent contre le pillage des eaux territoriales par des navires provenant de pays voisins. Un « mouvement inédit », rapporte Les Echos, qui inquiète le Brésil. En effet, 60% des navires pêchant sur ce territoire français seraient des bateaux clandestins brésiliens.

Pour protester contre la pêche illégale, les professionnels de la mer ont cessé leur activité commerciale et bloquent l’accès aux consulats du Brésil et du Surinam. Ils demandent un contrôle des eaux françaises de Guyane et des aides pour les pêcheurs locaux. Le 6 février, les ministres de la Pêche et de l’Outre-mer, Frédéric Cuvillier et Victorin Lurel, se sont engagés auprès des élus locaux à renforcer les moyens d’action de l’Etat pour contrôler les eaux guyanaises.

Cette pêche illégale ne menace pas seulement l’économie locale, rappelle le WWF dans un communiqué. Elle constitue aussi la principale menace pour la survie d’espèces marines comme la tortue Luth et le dauphin Sotalie. Les tortues Luth présentant des blessures caractéristiques de captures par des filets de pêche sont passées de 8% en 2003 à 20% en 2012, selon le CNRS IPHC. Si 5% des tortues Luth meurent directement de ces captures, les dauphins sont généralement retrouvés morts dans les filets.

Selon l’Ifremer et le WWF, les ressources halieutiques pillées par des navires clandestins représentent 200% de la pêche guyanaise. Face à l’ampleur de cette activité illégale, le WWF appelle à une stratégie durable pour un contrôle effectif des eaux de Guyane. « Il faut sortir de cette situation de crise » et, affirme Jean-Etienne Antoinette, sénateur-maire de Kourou, « le gouvernement a montré sa volonté d’ouvrir des négociations ».

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