Les Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver 2026 commencent la semaine prochaine, le 6 février, en Italie, alors que leur impact environnemental continue d’être l’objet de controverses. Le comité organisateur des Jeux de Milan-Cortina insiste sur leur durabilité. Il construit son image autour de l’utilisation d’énergies renouvelables et du respect de l’environnement notamment en limitant la construction de nouvelles infrastructures. Mais, revers de la médaille, de nombreux athlètes et organisations pour l’environnement signalent que l’événement reste très polluant. Tous rappellent que l’existence même des sports d’hiver dépend de l’évolution du réchauffement climatique.
La neige artificielle est indispensable
Au cours des cinq dernières années, l’Italie a vu 256 stations de ski fermer faute de neige. La neige artificielle est donc devenue indispensable à la poursuite des sports d’hiver. Plus dense que la neige tombée naturellement, ce type de neige adhère plus longtemps au sol, ce qui bouleverse l’écosystème montagneux. Au printemps, la neige fond plus tard, retardant la croissance végétale. De plus, les tonnes d’eau gelée qui fondent augmentent le risque d’érosion des montagnes.
L’eau pour les canons à neige est conservée dans des bassines, des réservoirs artificiels d’eau de surface. L’association écologiste italienne Legambiente (Ligue pour l’environnement) explique dans un rapport que ces bassins sont « comme des aquariums » car l’eau doit toujours circuler et être nettoyée. Il n’y a donc pas de place dans ces réservoirs pour la formation et le maintien de la biodiversité. Le rapport souligne aussi que prendre l’eau des rivières ou des lacs peut nuire à leur écosystème.
Pour les JO 2026, s’il ne neige pas, le comité organisateur prévoit l’utilisation de plus d’un million de mètres cubes d’eau pour fabriquer de la neige artificielle.
La « contradiction » des émissions carbone
La Fondation Milano-Cortina 2026, qui est le comité organisateur de ces jeux dans les Alpes italiennes, a annoncé que l’énergie utilisée viendra principalement de sources renouvelables. Elle se dit également prête à compenser les émissions de carbone des JO. Or, la plus grande partie de celles-ci viendra des déplacements en avion du public.
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Pourtant, de nombreuses associations de défense de l’environnement ont critiqué le financement des JO par ENI, la société italienne d’hydrocarbures, par le groupe automobile Stellantis et par la compagnie aérienne italienne ItaAirways. L’organisation Scientists for Global Responsibility a souligné dans un rapport que les Jeux seront financés par des émetteurs de CO2 qui contribuent au réchauffement climatique et par ricochet à la réduction des chutes de neige.
Sans compter les émissions des financeurs, le rapport écrit que les JO émettront 930 000 tonnes de CO2, ce qui correspond à la perte de 14 millions de tonnes de glacier.
La biathlète groenlandaise Ukaleq Slettemark déclare au média EuroNews que ces financements sont des « contradictions totales » car « les industries fossiles sont les plus grands contributeurs au réchauffement climatique, à la disparition des hivers et donc ils menacent aussi l’existence même des sports d’hiver. »
Des pistes pour la plupart durables
Les localités de Milan et de Cortina d’Ampezzo ont été choisies par le comité olympique pour leurs infrastructures sportives héritées des JO d’hiver 1956. L’objectif était de les réutiliser pour éviter de nouvelles constructions.
En effet, seul 10 % des infrastructures sportives ont été construites pour les jeux de 2026. Néanmoins, la construction d’une nouvelle piste de bobsleigh a été très critiquée par plusieurs associations environnementales, car elle a entrainé l’abattage de 500 mélèzes.
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Les JO d’hiver du futur
Les constats réalisés sur l’impact des JO d’hiver 2026 rejoignent la réflexion plus vaste sur le rapport entre sport et climat. Une étude de l’université anglaise de Waterloo a démontré que, à cause du réchauffement climatique, près de la moitié des 93 sites dans le monde qui ont déjà accueilli les Jeux Olympiques d’hiver ne pourront plus le faire en 2050. La France, qui doit organiser en 2030 les JO d’hiver dans les Alpes, n’échappe pas à ce diagnostic. Ainsi, à Chamonix et Grenoble, par exemple, la température aura trop augmenté en 2050 pour disposer d’un enneigement suffisant, tandis qu’Albertville pourrait encore être choisie comme site olympique.
Un rapport du cabinet stratégique Circle Strategy propose d’organiser une rotation entre 5 lieux d’accueil permanents pour réduire les impacts et les coûts des JO. Cette suggestion répond par la même occasion à la réduction du nombre de régions en capacité de recevoir de tels événements à l’avenir.
Bien que le comité organisateur des JO d’hiver 2026 aie pris des mesures pour réduire les émissions de CO2, il reste des marges de manœuvre pour réfléchir davantage au rapport entre sport et climat. La transition écologique et le sport sont très liés : l’existence des Jeux Olympiques et Paralympiques dépend aussi de leur propre fonctionnement.
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