La biodiversité expliquée aux enfants et aux ados

girafes Botswana

Girafes dans le delta de l'Okavango, District du Nord-Ouest, Botswana (19° 18’ 16,35” S – 22° 38’ 37,33” E). ©Yann Arthus-Bertrand
Bastien Castagneyrol, Inrae et Nicolas Fanin, Inrae

Question simple, réponse simple : la biodiversité, c’est la diversité de toutes les formes de vie présentes sur Terre. Blé, chêne, hortensia, vache, puceron, moustique, mésange et bactérie, c’est de la biodiversité. Les paysages que vous traversez sur l’autoroute de Bordeaux à Marseille, c’est de la biodiversité. Les variétés de fraises Garriguette, Cléry, Mara des bois dans votre tarte, c’est de la biodiversité.

Présentée comme ça, la biodiversité ressemble assez à un catalogue. Un catalogue d’espèces, de multiples formes et couleurs. Mais c’est bien plus que cela. C’est aussi elle qui nous nourrit, qui nous protège, et qui fait tout ce qu’est la nature aujourd’hui. Alors peut-être que la bonne question n’est pas tant de savoir ce que c’est que la biodiversité, mais plutôt de se demander à quoi elle sert. Il deviendra alors évident qu’il faut s’en préoccuper et trouver les bons outils pour la décrire et la préserver.

C’est quoi la biodiversité ? (EP 680, 1 jour, 1 question).

Prenons une forêt par exemple. Tu y trouves des arbres, avec des feuilles, et sur ces feuilles des chenilles. Tu entends aussi des oiseaux, des mésanges par exemple. Les mésanges mangent les chenilles. Les chenilles mangent les feuilles. À l’automne, les feuilles tombent. Les cloportes, les champignons et les vers de terre décomposent les feuilles – on les qualifie de « décomposeurs ». Toute la matière qui constituait la feuille est alors progressivement incorporée dans le corps des décomposeurs, ou libérée dans le sol. Elle devient alors réutilisable pour l’arbre qui produira de nouvelles feuilles l’année suivante, feuilles qui nourriront de nouvelles chenilles, qui elles-mêmes nourriront de nouvelles mésanges et ainsi de suite. C’est aussi ça la biodiversité : des interactions entre les êtres vivants qui sont à l’origine du fonctionnement des écosystèmes.

Prenons un autre exemple et faisons l’analogie avec une voiture. La voiture, c’est ce que l’on voit de l’extérieur, ce qui roule sur l’autoroute : c’est l’écosystème. À l’intérieur, des sièges, un volant, un levier de vitesse. Ça aussi ça se voit, ce sont les êtres vivants. Ouvre le capot : des vis, des écrous, des câbles, des courroies. On ne les voit pas au premier coup d’œil, mais sans eux la voiture n’avancerait pas. Ce sont aussi des êtres vivants, invisibles et pourtant très utiles. On pourrait bien sûr lister toutes ces pièces qui constituent la voiture, en faire le catalogue, mais ce n’est pas ça qui la ferait avancer ; c’est la manière dont ces pièces sont agencées les unes par rapport aux autres.

Schéma d’interactions entre plusieurs espèces.
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Du microscopique comme les bactéries jusqu’au macroscopique comme les animaux ou les arbres, tous les organismes vivent et interagissent entre eux au sein de la voiture… euh de l’écosystème donc. Revenons-en à la biodiversité et à notre exemple initial sur la forêt : tu vois les arbres, tu entends les mésanges, tu devines les chenilles mais tu ne vois pas les microorganismes décomposeurs ; pourtant ils sont bien là ! Tu peux lister les espèces, mais si tu ne prends pas en compte la manière dont elles interagissent, tu ne peux rien comprendre au fonctionnement de la forêt.

Mais pourquoi se préoccuper du fonctionnement des écosystèmes ? Parce que ça nous concerne au quotidien ! Pense à une tarte aux fraises. Pour la faire, il te faut de la farine (donc du blé), du beurre et du lait (donc des vaches), des œufs (donc des poules), un peu de sucre (de canne, ou de betterave) et bien sûr, des fraises. Autrement dit, il te faut de la biodiversité ! Mais le blé est attaqué par des pucerons et les chenilles peuvent détruire les cultures. Or, la biodiversité peut être utilisée pour protéger les cultures notamment en favorisant par exemple l’action des ennemis de ces herbivores.

La biodiversité fournit donc des services aux sociétés humaines – on parle de services écosystémiques. On l’a vu, on mange de la biodiversité. C’est le service d’approvisionnement, lequel est renforcé par le service de régulation des ravageurs, lui aussi fourni par la biodiversité. Si tu aimes te balader en forêt, ou si tu es fasciné en visitant un zoo, un aquarium ou un muséum d’histoire naturelle, c’est aussi une forme de service que fournit la biodiversité, un service récréatif. Le cycle de l’eau, la décomposition des feuilles mortes en forêt, ça aussi c’est un service de support de la vie fourni par la biodiversité. On pourrait multiplier les exemples à l’infini, parce que la biodiversité est partout autour de nous, et que l’on ne peut pas s’en passer.

Aujourd’hui, les scientifiques s’inquiètent du déclin rapide de la biodiversité : de nombreuses espèces disparaissent chaque année, et avec elles tous les liens qui les unissent aux autres. C’est le fonctionnement du moteur des écosystèmes qui est en jeu. La bonne nouvelle, c’est que tu peux aider les scientifiques à mieux comprendre la biodiversité, son rôle et son évolution en participant à des projets de sciences citoyennes, seuls, avec tes parents, ou en classe. Penses-y !


Cet article a été écrit avec l’aide d’Alix Boher-Sanchez, étudiante en M1 Médiation des sciences – Université de Bordeaux Montaigne

Diane Rottner, CC BY-NC-ND

Si toi aussi tu as une question, demande à tes parents d’envoyer un mail à : tcjunior@theconversation.fr. Nous trouverons un·e scientifique pour te répondre.The Conversation

Bastien Castagneyrol, Chercheur en écologie, Inrae et Nicolas Fanin, Chercheur en écologie, Inrae

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Un commentaire

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    • Méryl Pinque

    « Biodiversité » est un terme technocratique et barbare.
    Il faut parler de personnes animales nonhumaines (possédant en vertu de leur sentience des droits fondamentaux inaliénables), de plantes et de nature.