Olga Speranskaya : sa croisade contre les polluants persistants  •   17 Mai 2010


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« L’union fait la force ! », voilà le credo d’Olga Speranskaya. Cette scientifique russe a rassemblé les ONG de douze pays de l’Europe de l’Est, du Caucase et de l’Asie centrale (EECCA) en un mouvement influent de défense de l’environnement. Objectif : créer une force d’action suffisamment puissante pour localiser, et tenter d’éliminer les centaines de milliers de tonnes de produits chimiques agricoles laissés à l’abandon sur tout le territoire depuis la chute du communisme. Anciens greniers céréaliers de l’ex-URSS, ces pays abritent encore aujourd’hui d’énormes stocks de pesticides dits « obsolètes » comme le DDT ou des polychloro-biphényles (PCB) utilisés anciennement dans les transformateurs électriques et regroupés sous l’appellation Polluants organiques persistants ou POP. Comme leur nom l’indique, ces produits ne se dégradent pas ou peu et peuvent continuer à polluer sur des décennies.

Entreposés dans de vieux hangars désaffectés, des sacs éventrés se répandent, depuis plus de vingt ans, dans les nappes phréatiques quand ils ne sont pas utilisés illégalement par des agriculteurs ignorants. Un drame écologique entraînant des séquelles sur la santé humaine : maux de tête, bronchites chroniques, troubles neurologiques et thyroïdiens, cancers, fausses couches... « Malheureusement, les gouvernements n’ont ni la volonté politique, ni les moyens financiers de localiser, d’identifier et de quantifier ces substances dangereuses, concède la scientifique. Encore moins de dépolluer ces zones. »

Après avoir rédigé, en 1992, un essai sur les conséquences de la chute du communisme, Olga Speranskaya mesure le poids de l’héritage soviétique sur l’environnement. Chercheuse à l’Institut Océanologique de Moscou, elle décide de tout plaquer. Et de s’engager. En 1997, elle prend la direction du programme d’assainissement chimique du centre Eco-accord pour l’environnement et le développement durable. Elle met en relation les ONG de douze pays de l’ex-URSS pour créer un réseau unique puissant. « Plus on est nombreux, plus on se fait entendre ! », lance-t-elle.

Sa priorité: Sensibiliser les citoyens à l’écologie et les informer des dangers des POP sur la nature et la santé. « On leur demande également de signaler toute présence de stocks abandonnés. Et on les incite à s’engager dans une ONG. Favoriser les actions locales et encourager la participation de la société civile sur l’ensemble de ces territoires est le seul moyen de faire évoluer les choses dans le bon sens. » Dans la foulée, elle mène plusieurs campagnes pour empêcher l’utilisation de polluants persistants, interdire l’enfouissement intempestif de toute substance dangereuse, et tenter d’impliquer davantage les gouvernements. Après plusieurs années de lobbying effréné, neuf pays de l’EECCA acceptent de ratifier – à partir de 2004- la Convention de Stockholm, qui est le texte interdisant l’usage de certains polluants persistants. Une grande victoire !

La même année, Olga Speranskaya est officiellement désignée, à l’unanimité, par les ONG, directrice régionale du Projet international d'élimination des POP pour l’ensemble des pays de l'EECCA. Grâce à sa ténacité, plus de 70 projets de lutte contre les produits chimiques toxiques ont vu le jour. Leur but : déterminer l’impact des polluants persistants sur la santé humaine, faire accepter ce lien de causalité aux autorités, trouver les stocks abandonnés mais aussi identifier et nettoyer -même partiellement- les nombreux lieux contaminés.

Malgré ces remarquables avancées pour tenter d’assainir ces territoires, la scientifique se heurte encore à de nombreux obstacles. « Les entreprises et le gouvernement russes sont totalement insensibles à l'environnement. » La Russie a en effet signé la Convention de Stockholm mais ne l’a toujours pas ratifiée. Le Turkménistan et l’Ouzbékistan n’ont, quant à eux, signé aucun engagement. Pourtant, Olga Speranskaya reste optimiste. « L'environnement est au-delà de toute question politique, dit-elle. Nous devons continuer à travailler pour lutter contre cet héritage pesant et stopper l’hémorragie. Tous ensemble, nous y arriverons ! »

Vos commentaires
lachaari pollution desertique

je sui ingenieur d'agriculture et je regard tous phenomene du pollution sur tou dans les payer du tiere mond et dans les zone desertique et maintenant il faut combattre contre les societe producteur des pesticides

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