Une place pour un monde alternatif  •   19 Septembre 2012


Park(ing) Day à Reims © Marc Ducros

Et si changer de mode de vie commençait depuis sa place de parking. ? Tel est le pari un peu fou tenté par les organisateurs et les participants de Park(ing) Day. Lancé en 2005 à San Francisco, puis présent dans une trentaine de pays, ce mouvement a aussi gagné plusieurs villes de France dont Paris, Marseille, Bordeaux et Amiens… Le principe est simple : les participants se réapproprient une place de parking située dans une rue et la détournent en proposant des animations, des œuvres d’art ou un espace de débat. « Cela doit conduire à une réflexion sur la place de l’automobile dans les villes et sur leur usage », explique Cécile Brazilier, de l’association Dédale qui relaie Park(ing) day en France et coordonne ce qu’elle présente comme un « mouvement de désobéissance civile conviviale. Nous ne sommes pas forcément opposés à l’usage de l’automobile, mais il faut reconnaître qu’elle prend beaucoup d’espace dans les villes en raison notamment des places de stationnement. »

Chaque troisième weekend de septembre, les participants du Parking day s’installent donc sur une place de stationnement et la font vivre à leur manière. Le mouvement est ouvert à tous. En 2005, à la fondation du mouvement, Rebar, le collectif d’artistes et de paysagistes qui en a eu l’idée, avait ainsi créé des mini jardins publics en apportant du gazon et des plantes sur les places de parking de San Francisco – d'où le jeu de mot en anglais sur parking et park. C’est l’occasion pour des artistes d’exposer leurs œuvres, pour des jardiniers de reconvertir la place de parking en un mini-jardin ou pour des associations de promotion d’une alimentation locale et bio de transformer la place de parking en un stand de dégustation de produits originaux. La rue redevient un espace de rencontre et de dialogue.

Dédale met à la libre disposition de tout le monde, sur le site Internet www.parkingday.fr un formulaire d’inscription afin de faire connaître son action et propose des conseils pratiques pour que chacun puisse s’installer et transformer, le temps d’une journée, une place de parking en une mini-utopie. En 2011, ce sont 250 places de parking qui ont ainsi été transformé le temps d’une journée en France.

Julien Leprovost