Comprendre Copenhague : gagnants et perdants du réchauffement climatique  •   30 Octobre 2009

Forêt d’automne dans la région de Charlevoix, Canada (47° 40’ N – 71° 02’ O). Les collines de la région de Charlevoix, en bordure du fleuve Saint-Laurent, au Québec, sont dominées par une forêt mixte de feuillus et de conifères. Couvrant plus de la moitié de la province, la forêt québécoise est exploitée depuis la fin du XVIIesiècle. En juin 2008, environ 138 millions d’hectares de terres forestières canadiennes étaient certifiés comme étant gérés durablement. © Yann Arthus-Bertrand

Certains vont tirer leur épingle du jeu du réchauffement climatique. En tout cas s’il reste modéré. En effet, le climat de certaines zones inhospitalières car trop froides va s’adoucir. Des terres qui n’étaient pas cultivables vont le devenir. Les sols du Canada, de la Russie et du sud de l’Argentine pourraient voir leur productivité agricole augmenter.

La zone Arctique est emblématique de ces opportunités à venir, en particulier avec la fin de la banquise. Débarrassée de ses glaces de mer, toute la région va devenir navigable. Le rêve historique des grands explorateurs du XIXe siècle, passer de l’Atlantique au Pacifique par le Nord deviendra enfin possible : c’est l’ouverture du passage du Nord-Ouest.

En passant au nord du Canada, les grands bateaux reliant l’Europe à l’Asie n’auront plus besoin de franchir le canal de Panama. Le trajet Tokyo-Rotterdam, long aujourd’hui de 23 000 kilomètres, ne fera plus que 16 000 kilomètres. En passant au nord de la Russie, par ce qu’on appelle symétriquement le passage du Nord-Est, il ne fera plus que 14 000 kilomètres.

Quant au sous-sol de la région, il pourrait contenir les plus grands gisements de gaz ou de pétrole, de diamants et d’or qui restent à découvrir sur la planète. Autrefois protégé par une couche de glace et des hivers extrêmes, il pourrait devenir plus facilement exploitable.

Pour toutes ces raisons, l’Arctique devient une zone d’intérêt économique et stratégique majeur. D’ores et déjà, Canada, Russie, Danemark, USA et Norvège se livrent à d’intenses manœuvres diplomatiques pour renforcer leur contrôle sur la région. D’autant plus que les frontières de cette partie du monde jusqu’à présent délaissée n’ont pas toujours été fixées avec précision.

Mais pour les populations qui habitent traditionnellement l’Arctique -Inuit, Sami, Nenets, etc.- l’arrivée d’argent et du développement n’est pas sans poser de nouveaux défis. Leur mode de vie et leur culture sont aujourd’hui menacés à la fois par la modification du milieu et par celle de leur environnement politique et économique.

Extrait du livre « 2° de Trop Comprendre les enjeux de Copenhague » rédigé par la rédaction de GoodPlanet et disponible dès le 12 novembre 2009 aux éditions de la Martinière.