Des campagnes aériennes de contraception pour contrôler les populations d’éléphants en Afrique du Sud

Afrique du Sud, Phinda: JJ van Altena, expert de la vie sauvage, se prépare à tire rune seringue contraceptive sur une des femelles elephants de la reserve naturelle de Phinda dans la region du Kwazulu Natal en Afrique du Sud. La surpopulation de pachydermes met en danger la végétation et la biodiversité. Dans certaines réserves d’Afrique du Sud, la contraception est une des solutions adoptées. © AFP PHOTO/GIANLUIGI GUERCIA


13/11/2012 5:50 pm

En Afrique du Sud, les chercheurs utilisent des vaccins contraceptifs pour réguler les populations d’éléphants devenues parfois trop importantes.

Les programmes de conservation mis en place en Afrique du Sud depuis les années 1990 ont eu un succès tel que la population d’éléphants du pays est désormais estimée à près de 20000 individus. Un éléphant pouvant dévorer jusqu’à 270 kg de nourriture quotidiennement, la croissance importante du nombre de pachyderme pourrait résulter en un manque de ressources dans un future proche, une augmentation des conflits avec les fermes avoisinantes et avoir des effets néfastes sur la végétation et la biodiversité locales.

Au cours des cinq dernières années, les écologistes du Tembe Elephant Park à la frontière du Mozambique, ont mis en place un programme de régulation des populations de pachydermes en tirant des seringues contraceptives sur les éléphants depuis un hélicoptère. Pour Catherine Hanekon, écologiste en charge du secteur, « cette nouvelle méthode est la moins perturbatrice pour ces animaux sauvages », un des avantages indiscutables étant de ne pas tuer d’animaux pour réguler les populations. Des campagnes similaires au sol avaient déjà été testées mais été très couteuses en temps. Depuis le lancement de la campagne aérienne, le nombre d’éléphanteaux a diminué par deux, note BBC News. Près de 13 réserves d’Afrique du Sud ont depuis rejoins le programme de contraception.

Pour Rudi van Aarde, de l’université de Pretoria, cette méthode n’est cependant pas adaptée aux réserves de plus grande taille telles que le Kruger National Park, les frais engendrés étant trop importants. Pour lui, la fermeture des réserves d’eau artificielles créées dans les années 1990, ainsi que la réouverture des réserves, permettrait une régulation naturelle des populations. « Là où il n’y pas d’eau, les périodes de sécheresse agissent comme un régulateur naturel des populations d’éléphants. Sans les barrières, ces mêmes éléphants sont libres de migrer d’une zone où les ressources sont épuisées vers une autre plus riche en aliments ».