RSE : un capitalisme bio et équitable, c’est possible

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RSE
Poussées par l’opinion publique, de plus en plus d’entreprises adopte la Responsabilité sociale et environnementale des Entreprises (RSE). Cette notion se veut une alternative au modèle économique ultra-libéral. Il s’agit d’une démarche volontaire de l’entreprise pour adopter de meilleures pratiques sociales et environnementales et pour rendre compte de ses activités. Une telle évolution peut s’avérer très avantageuse pour les compagnies, notamment en terme d’image.

La Responsabilité sociale des entreprises (RSE), aussi appelée Responsabilité Sociétale des Entreprises, traduit une autorégulation volontaire des entreprises, en conformité avec une éthique mondialisée. La Commission Européenne la définit comme « l’intégration volontaire des préoccupations sociales et écologiques des entreprises à leurs activités commerciales et à leurs relations avec les parties prenantes » (1). Il s’agit pour l’entreprise de mettre en œuvre des démarches de prévention évaluées à travers un diagnostic de performances sociétales et reposant sur les piliers du développement durable : l’environnement, l’économie, le social, la démocratie participative. De plus, dans la plupart des pays, l’opinion attend des entreprises qu’elles consacrent davantage de moyens à la protection de l’environnement. Désormais, le développement durable et la problématique environnementale sont perçus plus comme des opportunités que comme des contraintes.

En 2007, CorporateRegister.com a dénombré 4.147 entreprises dans le monde qui ont publié un rapport, dont 1.750 ont suivi les principes de la Global Reporting Initiative (trois fois plus qu’en 2005). L’ONU annonçait 4.600 entreprises et autres intervenants participant au Pacte mondial (Global compact). Le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) rassemble environ 200 entreprises, principalement en Europe, Amérique du Nord, Mexique, Japon, Corée, et CSR Europe 70 grandes entreprises européennes sur différentes thématiques de la RSE et de l’ISR. [Débat]

la RSE, une démarche volontaire

Entreprendre une démarche de RSE pour une entreprise signifie aller au-delà de la législation sociale et environnementale. Celle-ci détermine son niveau de contrainte et ses objectifs, avec la possibilité de l’adosser à une certification attestant de la vérification de ses engagements. Les notations les plus précises sont celles des agences de notation extra-financière. Plusieurs dizaines de critères sont étudiés pour évaluer le comportement social et environnemental de l’entreprise, regroupés sous diverses catégories : gouvernance, relation avec les employés (notamment liberté syndicale), impact sur l’environnement, relations avec les clients, éthique (notamment attitude vis-à-vis de la corruption), activités controversées de l’entreprise. Si les motivations des entreprises sont variées, la question du périmètre de leur responsabilité reste en suspens – limitée au siège ou étendue aux filiales et sous-traitants ? – ainsi que celle des définitions des critères de bon comportement – qu’est-ce que l’on entend par un « bon » produit ou une « bonne » entreprise?

D’autres initiatives consistent à recommander des modes d’action globaux – c’est le cas du Global Reporting Initiative, cadre d’action évolutif mis en place par des ONG et des multinationales – ou à labelliser des produits précis: label FSC (2) sur le bois, label Max Havelaar sur certaines matières premières agricoles, etc.

Les principales tendances de la RSE

– L’adhésion à des référentiels internationaux ou nationaux: éco-audit, écolabel, Pacte Mondial des Nations Unies… Élaborés par les pouvoirs publics, ces référentiels bénéficient souvent d’une assez bonne crédibilité. Dans le domaine environnemental, les deux référentiels de certifications les plus développées sont la norme européenne EMAS sur les Systèmes de management environnementaux, et les normes internationales ISO, de diffusion très inégale : 21.700 certifications ISO 14001 au Japon au premier janvier 2007, 223 en Russie.

– L’engagement négocié directement avec les pouvoirs publics ou des partenaires privés: définition d’objectifs chiffrés sur les performances de l’entreprise, labellisation (commerce équitable, labels écologiques…), accords-cadres internationaux avec les organisations syndicales. Exemple: accord entre l’association européenne des constructeurs automobiles et la Commission portant sur une réduction de 25% des émissions de CO2 pour les véhicules neufs entre 1995 et 2008.

– L’engagement pris par l’entreprise de manière unilatérale: elle fixe ses propres objectifs et les moyens qu’elle leur alloue, choisissant de faire appel à un contrôleur externe pour asseoir la crédibilité de sa démarche.

– Les audits sociaux « délocalisés« : l’entreprise demande à un auditeur (entreprise spécialisée, ONG) de vérifier comment les sous-traitants appliquent la législation locale du travail ainsi que les codes de conduite, le but étant de prévenir le risque de réputation.

– La relation avec les parties prenantes: l’entreprise gère son activité non dans le seul intérêt des actionnaires, mais dans celui de toutes les entités économiques et sociales, direct ou indirect, telles que salariés, clients, fournisseurs, organisations non gouvernementales, collectivités territoriales.

Entre pressions et motivations

Pour l’entreprise, une démarche RSE a pour but de limiter son exposition au risque, anticiper les contraintes futures et saisir des opportunités. Ses motivations ont des origines multiples:

– Le renforcement des exigences environnementales, dû autant à la pression des consommateurs, des ONG ou de certains actionnaires qui exigent, au minimum, plus de transparence, qu’aux nouvelles lois et réglementations. Les ONG ont joué un rôle important dans la prise de conscience internationale, par exemple par leurs campagnes contre la corruption ou la déforestation.

– Les risques juridiques et financiers encourus lors des procès intentés en responsabilité (tabac, marées noires…).

– La compétitivité du capital humain pour préserver et développer la performance.

– La diminution des coûts de production, par exemple par des mesures d’économie des ressources (eau, énergie…).

– Le besoin d’être plus attractif que la concurrence, en concevant par exemple des produits plus sobres tout au long de leur durée de vie.

– La réputation, qui constitue une part importante du capital immatériel de l’entreprise.

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