NTIC ou les nouvelles technologies de l’information

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NTIC
L’usage des technologies de l’information ou NTIC a explosé dans les pays industrialisés au cours des années 90 et dans les pays émergents à partir de l’année 2000. Entre 2000 et 2005, les dépenses pour les NTIC ont augmenté mondialement de 5,6 % par an, de 22 % par an en Chine, 25 % en Russie et 23 % en Inde. Cependant, en 2006, les trois quarts de la population de la planète n’avaient pas ou difficilement accès aux télécommunications de base.

En 2007, les utilisateurs Internet étaient 1,25 milliards (18 % de la population mondiale), les abonnés à la téléphonie mobile, 2,17 milliards, et en 2005, le nombre de lignes de téléphone fixe s’élevait à 1,3 milliards. Le taux de pénétration d’Internet au niveau mondial a augmenté de 245 % depuis 2000.

Cette croissance s’accompagne d’une très importante consommation de ressources : la construction d’un ordinateur requiert en effet 240 kg de combustible fossile, 22 kg de produits chimiques et 1,5 tonnes d’eau. Or, la durée de vie moyenne des ordinateurs a chuté dans les pays développés, passant de six ans en 1997 à seulement deux ans en 2005. En conséquence, selon le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE), chaque année, nous produisons entre 20 millions et 50 millions de tonnes de déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

Les Technologies de l’Information et de la Communication (NTIC) peuvent être définies comme l’ensemble des technologies utilisées pour collecter, traiter, modifier et échanger de l’information sous forme numérique. Les principaux médias sont la radio, la télévision, la téléphonie fixe et mobile, et l’Internet. Selon une définition plus large, le secteur des NTIC regroupe toutes les activités qui assurent la diffusion et l’échange d’information et produisent des biens électroniques et informatiques : conception et édition de logiciels, exploitation de réseaux et des services de télécommunications, ainsi que les secteurs de commerce des équipements électroniques.

Connections en croissance

La croissance des investissements et de l’accès aux NTIC s’est presque exclusivement faite dans des zones où existaient déjà des infrastructures de base et notamment l’électricité. Or une personne sur trois dans le monde n’est pas reliée à un réseau électrique. Les disparités entre le Nord et le Sud sont très importantes : en 2006, les pays développés avaient, rapportés au nombre d’habitants, quatre fois plus de lignes de téléphone fixe ; trois fois plus d’abonnés à un téléphone mobile et six fois plus d’utilisateurs Internet.

En 2007, le taux de pénétration d’Internet était de 4,7 % en Afrique, 12,4 % en Asie et 70,2 % en Amérique du Nord. Et une trentaine de pays ont un taux inférieur à 1 %. Il y avait, en 1988, cent ordinateurs connectés à Internet. L’usage d’Internet augmente dans toutes les catégories socio-économiques, mais l’écart s’est creusé, en terme d’accès, entre les hommes et les femmes, les salariés et les chômeurs, les hauts et les bas revenus, les personnes avec ou sans formation qualifiante, les personnes âgées et les jeunes. D’après la Banque mondiale, le coût de la connexion à Internet en Afrique est le plus élevé du monde (250 à 300 USD par mois).

En 2006, ce sont vendus 239,4 millions d’ordinateurs, soit une hausse de 10,5 % sur un an, la plus forte hausse revenant à la Chine : + 27 %. Si cette tendance se maintient, il y aura 1 milliard d’ordinateurs en 2008, 2 milliards en 2015.

En téléphonie mobile, la croissance annuelle mondiale du nombre d’abonnées est de 24 % depuis 2000. La plus forte croissance revient aux pays africains – de 50 à 400 % depuis 2005 – où le nombre des téléphones mobiles a dépassé celui des lignes fixes (trois lignes fixes pour cent habitants). 674 millions de téléphones portables ont été vendus en 2004, 30% de plus qu’en 2003.

La radio et la télévision sont présentes dans toutes les sociétés, le seul obstacle est l’accès à l’électricité.

NTIC, environnement et santé

Les NTIC consomment 3 % de l’électricité et 1 % de l’énergie totale des pays développés et génèrent, selon Gartner Group, 2 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de l’aéronautique. L’ordinateur consomme, à lui seul, 1 % de la consommation d’un foyer. Avec les périphériques, de plus en plus nombreux, reliés aux ordinateurs (disque dur externe, webcam, micro, etc.), la consommation d’énergie par l’informatique a doublé entre 2000 et 2005.

La durée de « vie » des équipements est courte, du fait de l’avancée technologique rapide, ce qui augmente le volume des déchets, dont certains très toxiques (plomb, mercure, cadmium, chrome, retardateurs de flamme au brome, etc.). Pour les téléphones portables, elle est inférieure à deux ans dans les pays développés et leur taux de recyclage varie de 2 à 15 %. Selon l’Agence française de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), 1,7 million de tonnes de produits électriques et électroniques sont rejetées chaque année en France, soit environ une production annuelle par Français de 14 kg de DEEE déchets des équipements électriques et électroniques, ou « e-déchets », et cette quantité augmente de 3 à 5 % chaque année.

La Chine, où le coût de recyclage du verre des écrans d’ordinateurs est dix fois inférieur qu’aux Etats Unis, capte 90 % du marché mondial du recyclage des DEEE, suivi par l’Inde. Ces pays ne disposent pas des réglementations appropriées pour la protection de l’environnement et des populations contre les substances toxiques présentes dans ces déchets.

Les impacts indirects des NTIC en faveur de l’environnement sont moins importants qu’espérés ; l’essor de l’informatique n’a pas entraîné la réduction de l’usage du papier et la vidéoconférence n’a pas diminué les déplacements en avion.

A la pollution de l’air, des sols et des nappes phréatiques s’ajoute la pollution électromagnétique des réseaux sans fil (téléphonie mobile, Wifi) dont les effets sur la santé font actuellement l’objet de nombreuses études.

NTIC et développement

Selon la GSM Association, qui regroupe plus de 700 opérateurs mobiles, l’augmentation de 10 % de la couverture mobile d’un pays induit une croissance annuelle de son PIB de 1,2 %. D’après les Nations-Unies, le manque d’accès aux NTIC constitue, après la pauvreté et la violence contre les femmes, le troisième problème qui se pose aux femmes à l’échelle mondiale. Les organisations internationales placent de nombreux espoirs dans les NTIC :

– faciliter l’accès au savoir et à l’information : e-bibliothèques et bases de données (PubMed, site qui regroupe 17 millions de citations des articles scientifiques), formations à distance, moteurs de recherche, encyclopédie sur Internet, diffusion des savoir-faire médicaux en vue d’une amélioration des pratiques, mise en réseaux, etc. ;

– accompagner la décision publique par la télédétection spatiale : exploiter les données recueillies par les satellites d’observation de la terre pour une meilleure gestion de l’environnement, des transports, une meilleure planification urbaine, etc. ;

– élargir les échanges commerciaux, notamment aux régions pauvres ;

– prévenir les catastrophes naturelles ;

– favoriser les objectifs de gouvernance participative par la conception d’outils interactifs et conviviaux ; etc.

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