Démographie : comment vivre à neuf milliards sur la planète ?

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Démographie
Alors que la population augmente considérablement, celle-ci fait peser un poids croissant sur la planète. La démographie prend ainsi une dimension écologique. Cette problématique fait l’objet de nombreux débats.

En 1800, la planète comptait un peu moins d’un milliard d’habitants Entre 1800 et 1925, la population a doublé, grâce notamment aux progrès médicaux et sanitaires réalisés au cours de cette période (diminution de la mortalité infantile et augmentation de la l’espérance de vie). La population mondiale a ensuite augmenté de 4 milliard sen 1975 à 6 milliards en 1999 puis à 7 milliards en 2011.

Vers un ralentissement durable de la démographie ?

La croissance démographique atteint son niveau le plus élevé au milieu des années 90 avec une augmentation de 82 millions d’individus par an. Les chiffres font état d’une croissance annuelle de 70 millions en 2007 (Lester R. Brown, Le Plan B). Le nombre moyen d’enfants est passé de six par femme en 1960 à trois environ aujourd’hui. Il pourrait atteindre deux enfants par femme dans les prochaines décennies, au niveau de remplacement de la population.

Selon les prévisions des Nations-Unies la population mondiale atteindra environ 9 milliards à l’horizon 2050 puis se stabilisera. Il s’agit d’un chiffre inférieur à celui des 12 milliards que projetaient la plupart des spécialistes il y a une dizaine d’années [1].

Situations contrastées

Les situations démographiques peuvent être très diverses d’une zone géographique à l’autre. Les pays occidentaux ont achevé leur « transition démographique« , c’est-à-dire que la mortalité a considérablement diminué grâce de la médecine, or la natalité a également chuté parfois en dessous du seuil de renouvellement. Leur population vieillit et diminue même parfois en valeur absolue, même lorsque l’on compte les nouveaux habitants issus de l’immigration.

A l’inverse, une grande partie du monde connait encore une croissance démographique forte. Dans les décennies à venir, 96 % de cette croissance prendra place dans les pays en développement. Selon le FNUAP (Fonds des Nations unies pour la population), la population des 49 pays les moins avancés va presque tripler. [migrations se fait aujourd’hui entre les différents « suds ».

« Population bomb »

Dans les années 60, de nombreux intellectuels écologistes pensaient que l’accroissement de la population mènerait l’humanité à la catastrophe. Le plus célèbre d’entre eux, Paul R. Ehrlich, un entomoliste américain, publia en 1968 un livre à grand succès : « The population bomb« . Il prédisait notamment que des centaines de millions de personnes allaient mourir de faim prochainement dans les plus grandes famines de l’histoire de l’humanité. Celles-ci ne sont pas survenues, en particulier parce que la production agricole a augmenté considérablement.

Empreinte écologique et épuisement des ressources

Même si les famines prédites n’ont pas eu lieu, l’accroissement de la population implique l’augmentation des besoins en alimentation et en biens de consommation courante. La population mondiale exerce une pression croissante sur l’environnement et sur les ressources. Lorsqu’on mesure l’empreinte écologique de l’humanité, on s’aperçoit qu’elle dépasse la taille de notre planète : notre modèle de vie à l’échelle du monde n’est plus durable.  Toutefois, il existe de grandes différences entre les populations. Un Australien ou un Etasunien consomment bien plus qu’un Burkinabé : l’empreinte des premiers est 10 fois plus élevée que les derniers.

Face à cette crise, la plupart des écologistes prônent une diminution drastique de l’empreinte écologique moyenne de l’humanité – et principalement la réduction de celle des pays occidentaux. D’autres défendent un point de vue plus malthusianiste et parfois misanthrope : ils pensent qu’il faut aussi réduire la taille de la population mondiale et considèrent qu’il ne faut pas avoir d’enfant (même s’ils ne mettent pas toujours leurs idées en accord avec leurs actes).

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