L’accord sur le climat entre la Chine et les Etats-Unis, un symbole puissant

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La Grande Muraille de Chine près de Pékin, tronçon de Badaling, République populaire de Chine (40°25’N - 116°14’E). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude

La Grande Muraille de Chine près de Pékin, tronçon de Badaling, République populaire de Chine (40°25’N – 116°14’E). © Yann Arthus-Bertrand/Altitude

Ce mois-ci, les Etats-Unis et la Chine ont pris pour la première fois des engagements chiffrés sur le climat. Une avancée pour les négociations climatiques à venir. Nous publions ici l’analyse deMathis Wackernagel le président du Global Footprint Network.

L’accord historique américano-chinois sur le changement climatique annoncé le 12 novembre met en place de nouvelles règles du jeu pour notre avenir énergétique. C’est reconnaître la nécessité de réduire progressivement l’utilisation des combustibles fossiles. Ce qui était une nécessité physique, mais aussi un tabou politique, est maintenant reconnu par les deux plus grands pays émetteurs de CO2.

D’autres pays se sont tenus à l’écart en attendant que les États-Unis et la Chine se décident à prendre des mesures concernant le changement climatique. L’engagement du Président Barack Obama et du Président Xi Jinping de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de stimuler l’adoption des énergies renouvelables d’ici 2025 et 2030 — c’est-à-dire dans 10 et 15 ans — envoie un signal plein d’espoir pour la communauté mondiale avant le sommet climatique de Paris à la fin de l’année prochaine.

Les nouveaux objectifs permettraient aux États-Unis de rester dans la course pour diminuer de 80 % leurs émissions de gaz à effet de serre en 2050, selon la Maison Blanche. Dans le même temps, la Chine veut produire près de 20 % de son énergie à partir de sources neutres en carbone d’ici 2030. Dès lors, nombreux sont ceux qui verront de leur vivant ces deux actions se concrétiser.

Ces objectifs représentent un changement important dans la dynamique politique, et suggère que l’abandon des combustibles fossiles est désormais un scénario largement accepté.

Bien sûr, il faudra des investissements substantiels pour que les nations transforment leurs économies, et ces coûts ne peuvent qu’augmenter avec le temps. Par conséquent, il est dans l’intérêt de chaque nation d’agir dès maintenant pour migrer vers une économie à faibles émissions de carbone.

Notre analyse montre que les pays sont inégalement exposés sur le plan de l’ampleur et de l’impact des réformes nécessaires pour prospérer dans un avenir faible en carbone. Plus les pays attendent, plus leurs actifs fortement dépendants du carbone perdront de leur valeur. Il est possible que cette inaction entraîne une perte de compétitivité et un risque de défaut de crédit potentiellement plus élevé. Nous travaillons avec l’Initiative financière du programme des Nations unies pour l’environnement (UNEP FI) et les principales institutions financières afin de développer des outils financiers pour mieux mesurer les risques économiques lors de l’évaluation des obligations souveraines.

Pour réussir dans un monde sous contrainte carbone, les chefs de gouvernement à tous les niveaux ont besoin d’outils plus performants pour prendre des décisions à long terme économiquement efficaces. Ces choix englobent tous les secteurs, des infrastructures à l’énergie en passant par le bâtiment. Par conséquent, nous avons travaillé avec des décideurs politiques aux Etats-Unis pour améliorer la valeur actuelle nette (VAN), en prenant en compte le contexte économique et les ressources qui affecteront l’impact des investissements. Ce type d’évaluations fournit des estimations plus réalistes des coûts et des avantages associés à certains investissements, et indique que, dans de nombreux cas, les options à faible émission de carbone s’imposent déjà aujourd’hui comme le meilleur choix économique. De fait, l’accord sino-américain annoncé mercredi 12 novembre signale clairement qu’il faut repenser la façon de déterminer la valeur des combustibles fossiles et des actifs à fort risque d’obsolescence en raison de leur sur-dépendance au carbone.

Les détails de la stratégie que devront mettre en place les États-Unis et la Chine pour atteindre leurs objectifs ambitieux restent encore à définir, et l’accord pourrait s’avérer purement symbolique. Cependant, les symboles peuvent être puissants, et nous pensons que l’accord présage des perspectives encourageantes concernant les actions contre le changement climatique en 2015.

Traduction : Traducteurs sans frontières

Mathis Wackernagel

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Mathis Wackernagel est président du Global Footprint Network.

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