En quête d’idéal

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Les deux jeunes fugueuses de Notre-Dame-des-Landes rappellent qu’il y a des jeunes qui ont soif d’idéal et qui croient à un monde meilleur

En ce début d’année morose par bien des aspects, il est un fait divers joyeux, au contraire de la plupart des histoires terribles de meurtres, de violences ou de misère dont on nous abreuve ces derniers temps : la fugue des deux jeunes adolescentes de Loire-Atlantique, allées se réfugier un temps parmi les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Si les médias nous ont transmis l’essentiel, alors, aucune des deux jeunes filles n’a couru de danger. Camille et Geneviève, si c’est leur véritable prénom, sont toutes deux rentrées chez leurs parents de leur plein gré. La police a choisi de ne pas intervenir, et de ne pas rajouter aux trop nombreuses violences qui ont déjà eu lieu sur le site.C’est donc une histoire qui finit bien.

Même si les fugues trouvent, le plus souvent, leur origine dans des difficultés familiales, il semblerait que les deux adolescentes «avaient parlé de leur projet d’aller rejoindre les opposants à la construction de l’aéroport à leurs proches », explique le procureur chargé de l’affaire dans un quotidien. Toujours selon le procureur, Geneviève, en refusant un temps de rentrer dans sa famille, défendait un idéal.

A un moment donné de leur existence, ces deux jeunes filles ont donc considéré que la micro société des opposants à NDDL constituait un monde accueillant ou une cause à rejoindre. Une aventure amusante, aussi, j’espère, à veiller le soir, à découvrir la vie en communauté, à dormir dans de grandes tentes où il faisait sans doute un peu froid, à vivre des moments forts, des rencontres. Très certainement entourées de la bienveillance des adultes et des militants.

J’espère que Camille et Geneviève garderont de ce moment un beau souvenir. Peut-être, plus tard, voudront-elles renouer les liens tissés à ce moment, pour poursuivre un engagement personnel.

Alors qu’il est facile de dresser un portrait négatif de la jeunesse, égoïste, perdue, rivée à ses gadgets électroniques, alors que la société semble n’offrir qu’un avenir uniforme à de nombreux citoyens, Camille et Geneviève montrent qu’il en existe d’autres, au-delà des chemins balisés. Elles rappellent qu’il y a des jeunes qui ont soif d’idéal, qui croient à un monde meilleur et pour lequel ca vaut le coup de faire des efforts.

En ce début d’année 2013, et alors que les opposants à NDDL organisent trois jours de concerts et de résistance, il reste de nombreuses causes – qui n’ont rien à voir avec les difficultés de la vie en famille – pour lesquelles ont pourrait avoir envie de fuguer, ou plutôt de prendre un chemin détourné.

Et il n’est pas nécessaire de vivre encore chez ses parents pour préférer le goût de la liberté et de l’engagement à celui du foie gras et du champagne.

Post scriptum : Ce texte n’est pas une incitation à fuguer. C’est une invitation à s’engager pour la planète.

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