Pour une consultation nationale sur le nucléaire

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Une année après Fukushima, tandis que la campagne présidentielle bat son plein, à l’occasion de la sortie de son dernier ouvrage, la fondation GoodPlanet appelle à une consultation nationale sur le nucléaire. Second point de vue de la semaine sur le sujet du nucléaire.

Un an après, le drame de Fukushima est loin d’être clos. Au Japon, les ingénieurs tentent encore de limiter la diffusion des radiations. Les populations ne savent toujours pas avec précision dans quelle mesure elles sont ou ont été exposées.

Mais partout ailleurs dans le monde, sa conséquence principale est de reposer la question du nucléaire et de nos choix énergétiques. Car la construction de centrales toujours plus puissantes est aussi la conséquence de notre appétit insatiable d’énergie, au Nord comme au Sud. Il faut donc penser le nucléaire en fonction des enjeux énergétiques mondiaux : la lutte contre la pauvreté, la fin du pétrole, la lutte contre le changement climatique, la transition vers des énergies renouvelables, les économies d’énergie, l’efficacité énergétique…

Tout comme notre société moderne est née de la révolution industrielle, c’est-à-dire de la machine à vapeur et de l’utilisation du charbon, il faut envisager une nouvelle révolution énergétique qui refonde notre consommation de l’énergie et sa production : la révolution des énergies vertes.

La question du nucléaire n’est qu’une partie du débat, mais elle en est la plus sensible. Elle l’est tout particulièrement en France à cause de l’importance exceptionnelle de la filière qui assure 78 % de notre électricité – un record mondial. Au-delà des questions écologiques et sanitaires, la question met ainsi en jeu un secteur industriel et des emplois dans une proportion inégalée ailleurs.

Malgré l’importance des enjeux et des protestations, malgré ou à cause des décennies d’affrontements entre pro et anti nucléaires, le débat sur le nucléaire en France n’a jamais été mené à bien. L’essentiel des décisions ont été prises hors du contrôle citoyen, par l’Etat ou au travers de sociétés qu’il détient, comme EDF (à 84%) ou Areva (à 95%). Très souvent sous le couvert du secret industriel ou du secret défense.

A la différence de plusieurs de nos voisins européens, aucun référendum n’a été mené sur le sujet, aucune consultation globale non plus. La fondation GoodPlanet, comme les autres organisations écologistes, appelle de ses vœux une telle consultation. L’anniversaire de la catastrophe de Fukushima correspond au moment démocratique le plus important de la vie politique française : l’élection présidentielle. Il nous a semblé important de revenir sur le sujet à cette occasion.

Non pas que nous souhaitions influer sur le scrutin : la fondation GoodPlanet est apolitique et tient à le rester. Mais parce que notre mission est de sensibiliser et d’éduquer. Même si une absolue neutralité est impossible, nous avons essayé de présenter les faits de la manière la plus objective possible et d’apporter aux débats ce qui nous semble lui manquer parfois : des informations objectives et une vision apaisée.

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