Gestion des espaces protégés : le problème de l’intégration aux sociétés indigènes et de leur délimitation

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À l’exception des pays anglo-saxons et scandinaves ainsi que des parties de l’ex-URSS où la population d’origine européenne est dominante, les aires protégées ne sont généralement pas perçues avec un état d’esprit favorable par les populations locales, mais au contraire comme une contrainte imposée par les pouvoirs publics.

À l’exception des pays anglo-saxons et scandinaves ainsi que des parties de l’ex-URSS où la population d’origine européenne est dominante, les aires protégées ne sont généralement pas perçues avec un état d’esprit favorable par les populations locales, mais au contraire comme une contrainte imposée par les pouvoirs publics. Cet état de fait est quasi systématique dans les pays du Tiers-monde, plus particulièrement en Afrique, et aussi bien souvent en Europe méditerranéenne où les zones protégées sont trop souvent perçues comme destinées à l’usage des touristes étrangers sans aucune contrepartie pour les habitants (Speedy, 1998). En conséquence, le braconnage y sévit à degrés divers, de même que la coupe illégale de bois, parfois même la prospection et l’exploitation frauduleuse des minéraux. Pis encore, on peut même déplorer l’installation illégale de paysans qui défrichent les terres dans diverses réserves d’Afrique ou d’Amérique latine.

L’insuffisance du gardiennage et l’absence d’associations bénévoles dédiées à la conservation et à l’intéressement matériel des populations rurales riveraines dans les zones protégées explique une partie des difficultés précédentes (Peres et Terborgh, 1995).

Par ailleurs, de nombreux parcs nationaux et autres réserves analogues tant dans les pays tempérés que dans les pays du Tiers-monde sont d’une surface insuffisante pour assurer dans le long terme l’entretien des populations de grands mammifères sédentaires qui y vivent. Ainsi, aux États-Unis, même le parc National de Yellowstone, malgré son importante surface, ne pourrait actuellement répondre à ces objectifs de préservation de certaines grandes espèces de vertébrés compte tenu de leurs migrations hors du parc (Wilcove et May, 1986).

François RAMADE

Éléments d’écologie (Éd. Dunod), p.721-722

2005

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