Population et environnement: l’ « ultime appel à se réveiller » adressé par l’ONU

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PARIS : Selon un important rapport publié jeudi par les Nations unies, la population mondiale vit bien au-dessus de ses moyens, causant des dommages sur l’environnement qui pourraient être irréversibles.

Dans son quatrième rapport de GEO (L’avenir de l’environnement mondial) depuis 1997, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) affirme que le changement climatique, le taux d’extinction des espèces ainsi que le défi que représente le fait de nourrir une population en constante augmentation constituent quelques-unes des menaces qui mettent l’humanité en danger.

« La population mondiale est tellement élevée que la quantité de ressources nécessaires pour sa survie dépasse ce qui est disponible compte tenu des modes de consommation actuels » a déclaré Achim Steiner, le directeur exécutif du PNUE, lors d’une interview téléphonique. Il a ajouté qu’un usage réfléchi des ressources et une réduction des déchets figuraient désormais parmi « les plus grands défis en ce début de XXe siècle ».

Le PNUE a décrit son rapport, préparé par 388 experts et chercheurs, comme le plus exhaustif de ceux que les Nations Unies ont publiés sur l’environnement et l’a baptisé « l’ultime appel à se réveiller adressé à la communauté internationale ».

Durant les vingt dernières années, la population mondiale a augmenté de presque 34%, passant de 5 milliards à 6,7 milliards de personnes; de même, les richesses financières de la planète ont grimpé d’environ un tiers. En revanche, la quantité de terre disponible par habitant est tombée à 2,02 hectares à partir de 2005 – contre 7,91 hectares en 1900 – et elle devrait descendre à 1,63 hectare d’ici 2050, toujours selon le rapport.

Celui-ci précise que cet accroissement de la population, associé à un mode de consommation non durable, a pour conséquence une planète de plus en plus sollicitée, où les catastrophes naturelles et la dégradation de l’environnement mettent en danger des millions d’habitants ainsi que la faune et la flore.

Selon Steiner, la demande en ressources avoisine les 22 hectares par personne, un chiffre qui devrait être abaissé à 15 ou 16 pour rester dans les limites du durable. […]

Il ajoute que nombre de problèmes identifiés par la Commission Brundtland s’est aggravé, car trop peu d’actions ont été entreprises pour freiner la dégradation de l’environnement au fur et à mesure que les flux de biens, de services, de population, de technologies et de personnes ayant un travail se sont multipliés, atteignant parfois des zones reculées. […]

Steiner prône une gestion plus intelligente des ressources rares, parmi lesquelles les zones de pêche, la terre et l’eau, pour subvenir aux besoins d’une population en augmentation qui, d’après lui, devrait se stabiliser autour de 8 à 10 milliards d’individus.

Il affirme: « La vie serait plus facile s’il n’y avait pas actuellement un tel taux d’accroissement de la population. Mais obliger les gens à avoir moins d’enfants est une réponse simpliste. Il faut être plus réaliste, plus éthique et plus pragmatique: il faut accroître le bien-être et faire une utilisation plus rationnelle des ressources que nous offre la planète. »

D’après lui, des points de non-retour, où la dégradation de l’environnement peut provoquer des changements soudains, rapides et potentiellement irréversibles, pourraient se multiplier dans certains endroits, notamment des régions fluviales ou forestières où la population n’aurait pas la possibilité de réparer les dégâts, faute de moyens physiques ou économiques, le problème étant devenu trop grave.

Steiner pronostique ce genre de situations pour certaines régions d’Afrique où le système des pluies, perturbé par le changement climatique, pourrait transformer des zones semi-arides en zones arides et ainsi rendre beaucoup plus aléatoires les récoltes qui nourrissent des millions de personnes.

Il ajoute que des phénomènes semblables pourraient survenir en Inde et en Chine si les glaciers de l’Himalaya fondaient au point de ne plus pouvoir fournir suffisamment d’eau aux populations. […]

De nombreux biologistes et spécialistes du climat en sont arrivés à la conclusion que les activités humaines ont une influence prépondérante sur le climat et les écosystèmes de la planète. Mais les avis divergent quant à savoir si, à mesure que la population se dirige vers les 9 milliards d’individus qu’elle atteindra vers 2050, tout cela pourrait déboucher sur une disparition catastrophique des ressources naturelles ou sur une diminution plus relative de la biodiversité.

UN issues « final wake-up call » on population and environment

James KANTER

Herald Tribune

25 octobre 2007

http://www.iht.com/articles/2007/10/25/europe/environ.php

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