Le commerce équitable au pied du mur ?

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Les producteurs sont préoccupés par l’absence d’un système efficace d’inspection et de certification pour le commerce équitable. Et pas seulement dans le réseau Max Havelaar.

Nous connaissons bien la filière bio, où les contrôles sont clairement indépendants, reposant sur des normes ISO et accrédités par les pouvoirs publics ou des associations de consommateurs et de producteurs. Or les critères de FLO n’ont pas été élaborés ni ratifiés par les producteurs, comme cela est normalement la règle. FLO-Cert est une émanation de FLO et reste trop lié à sa maison mère. Un organe de contrôle entièrement indépendant est nécessaire.

Ainsi que des structures locales capables de mieux effectuer ces tâches, et à un moindre coût qu’aujourd’hui. L’inspection et la certification ne sont pas une affaire de flicage. Il s’agit plutôt d’instaurer un climat de confiance réciproque. Ici, à l’UCIRI, nous disposons d’un système de contrôle intégré au processus d’inspection et de certification bio. Pourquoi avoir deux systèmes différents alors qu’on peut établir une certification bio et équitable en une seule visite ? […]

En tant que producteurs, nous ne sommes pas du tout ravis que Max Havelaar soit en train de perdre sa vocation initiale. Le problème doit être résolu sur le long terme, dans les pays où vivent les consommateurs. Pourquoi ne pas voter une loi qui fixerait les marges que l’industrie et les détaillants peuvent réaliser ? Le commerce équitable doit aller dans cette direction, mais il doit d’abord engendrer une vaste prise de conscience de l’urgence d’un changement. S’il ne résout pas les problèmes des petits producteurs exploités, le commerce équitable est un vecteur qui leur permet de s’organiser. De comprendre comment fonctionnent les structures du monde actuel. De se sentir plus forts. De parler d’une seule voix. FLO et les autres structures de ce type doivent donc réaliser un bien meilleur travail. Mais au sein de la “famille” du commerce équitable, tous ensemble. En tant qu’organisation, l’UCIRI est membre de FLO et de l’IFAT (réseau mondial des organisations de commerce équitable, NDLR), et nous vendons notre café aux structures équitables de la première heure. Mais de nombreuses coopératives doivent également vendre à Kraft ou à Nestlé, parce que toute leur production ne peut pas être écoulée aux conditions du commerce équitable. Le déplorer sans formuler de proposition concrète ne sert à rien.

Entretien de Christian Jacquiau/) Frans Van Der Hoff.

Revue : Imagine demain le monde – mars-avril 2007

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