Les estuaires d’Essex

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Une province côtière et agricole aux portes de Londres

Le Comté d’Essex se trouve dans le sud-est de l’Angleterre, juste au nord-est de Londres. La ligne de côte de sa frange sud-est est profondément découpée, mais basse, en raison de la présence de différents estuaires, du Stour au nord à la Tamise au sud. L’Essex a toujours été un comté agricole, avec un sol argileux mais fertile et une campagne magnifique où pousse du maïs – le grain étant à la base des industries associées: minoteries, malteries et brasseries. On y trouve aussi souvent du bétail. Des pépinières et des jardins maraîchers abondent là où le sol argileux est recouvert de sols plus légers et plus fertiles.

La côte est également une grande source de richesse avec d’importants centres de commerce, de pêche et de construction navale. Le sel de mer de Maldon, les huîtres de Colchester et des coques à Leigh-on-Sea sont connus dans tout le pays. Aujourd’hui, l’Essex abrite les Tilbury Docks, le port de Harwich et la centrale électrique de Bradwell. Sa superficie est de 3.672 km2 et sa population compte 1,5 million d’habitants.

Des terres basses côtières menacées par la mer

De vastes zones de marais salants, des vasières et des bancs de sable bordent la côte de l’Essex. On rencontre également des près salés, des petites plages de galets, ainsi que quelques falaises. Vers la côte, les terres sont basses et essentiellement consacrées à l’agriculture. La plupart de ces zones sont protégées des submersions par des remblais de terre, des digues et murs en béton. […] Pourtant, dans toute la région, plus de 1,8 million de résidences et 180.000 propriétés commerciales sont en danger; 5 millions de personnes et 1,4 million d’hectares de terres cultivables sont potentiellement concernées […]. La valeur totale des biens menacés est estimée à plus de 350 millions d’euros pour l’Angleterre. Tous les estuaires montrent des signes d’érosion et du nord au sud il paraît y avoir une baisse générale des niveaux des plages. Ce phénomène est encore plus apparent dans les marais maritimes. Dans le nord, la cause peut en être attribuée à la réduction des apports sédimentaires venant du nord, déviés vers le large par les infrastructures du port de Harwich. […] Les pertes causées par la poldérisation et l’utilisation pour l’agriculture avoisinent 4.340 hectares.

L’accélération de l’élévation du niveau de la mer: une nouvelle menace?

Outre son exposition aux processus d’érosion côtière – naturelle ou provoquée par l’homme – l’Essex doit faire face à une nouvelle menace. Sa côte se trouve dans une zone où le niveau de la mer s’élève par rapport à celui de la terre. L’élévation du niveau de marin atteint respectivement +1,7 mm/an dans l’estuaire du Stour, +1,4 mm/an dans l’estuaire du Crouch et +1,5 mm/an à Swale (Kent). Un effet bien connu de l’élévation de la mer est la réduction des marais maritimes, qui offrent un haut niveau de protection en absorbant l’énergie des vagues pendant les tempêtes. […]

L’augmentation de la vitesse à laquelle le niveau de mer s’élève, telle qu’on la constate aujourd’hui, pourrait ainsi mettre en danger la faculté qu’ont les marais maritimes d’offrir une protection rentable à l’arrière-pays face au risque d’inondation.

Les stratégies actuelles de gestion de la ligne côtière

La côte de l’Essex est un bon exemple de la manière dont les politiques de défense côtière, notamment celles se rapportant à la protection des terres contre l’érosion et les inondations, se sont développées au cours des 20 dernières années au Royaume-Uni. La perte de certains habitats, l’évolution dans la perception des effets de l’élévation du niveau de mer ainsi que le coût pour maintenir des défenses dures ont contribué à passer d’une politique de « protection à tout prix » à une politique de « repli programmé » qui accepte que des terres se perdront dans la mer. Cela, réalisé en combinaison avec l’utilisation d’options d’ingénierie plus « douces« , comme le rechargement des plages, représente une approche beaucoup plus souple pour la protection des côtes. Cependant, cela ne veut pas dire que cette politique est adoptée dans tous les endroits à protéger. En effet, il y a plusieurs grandes villes et villages où la protection est souhaitable et rentable en raison de la valeur des biens protégés.

L’identification des méthodes les mieux à même de gérer le risque le long des côtes pour les 50 années à venir a été réalisée par les Plans de Gestion de la Ligne de Côte (PGLC) au niveau de chaque cellule sédimentaire, à l’initiative du Département pour l’Environnement, l’Alimentation et les Affaires Rurales (DEFRA) et de l’Agence pour l’Environnement. Le Plan de Gestion de la Ligne de Côte pour les estuaires de l’Essex a été exécuté en 1995.

EUROSION

Office pour les Publications Officielles des Communautés Européennes

2004

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