Le Guide du Citoyen des Réfugiés Environnementaux

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 3 minutes  

Comme a pu le constater la petite île de Tuvalu, le changement climatique a déjà des conséquences dévastatrices sur les êtres humains, car les habitants ont dû fuir leur foyer, en quête d’un environnement moins vulnérable. À l’instar des éco-réfugiés, ces personnes ont besoin de l’aide de pays tels que l’Australie pour y trouver refuge en raison des impacts du changement climatique.

Tuvalu.

Située dans l’Océan Pacifique à 3 400 km au nord-est de l’Australie, Tuvalu est une nation composée de huit minuscules atolls coralliens d’une superficie totale de 26 kilomètres carrés. C’est l’un des pays les plus bas du monde, avec un sommet culminant à seulement quatre mètres cinquante au-dessus du niveau de la mer. Environ la moitié des 11 636 habitants ne vit qu’à seulement trois mètres au-dessus du niveau de la mer, d’où une extrême vulnérabilité vis-à-vis des changements climatiques, notamment de la montée du niveau de la mer.

Le 8 décembre 1997, l’ancien Premier Ministre de Tuvalu, Bikenibeu Paeniu a prononcé un discours à Kyoto, dans le cadre de la Convention sur le changement climatique des Nations Unies, concernant les difficultés auxquelles est confrontée Tuvalu en raison de la montée du niveau de la mer, des vents violents et de la fréquence croissante des cyclones, des inondations et des raz-de-marée. Il a qualifié ces effets de « quasi intolérables », puisque la végétation, les récoltes et des villages entiers ont été détruits, d’où la mise en péril de la santé et de la vie même des habitants de Tuvalu.

Tuvalu est le premier pays dont les habitants ont dû être évacués en raison de la montée du niveau des mers. Près de 3 000 personnes ont déjà quitté leurs terres. Pour les soutenir dans cette crise, le gouvernement de la Nouvelle-Zélande a mis en place une politique d’immigration appelée Pacific Access Category dans le cadre de laquelle soixante-quinze habitants émigrent vers la Nouvelle-Zélande chaque année.

The Pacific Access Category.

Aux termes de l’accord PAC sur l’immigration, conclu en 2001 entre les gouvernements de Tuvalu, Fiji, Kiribati, Tonga et la Nouvelle-Zélande, les éco-réfugiés exilés, en raison du changement climatique, peuvent se réfugier dans des environnements moins vulnérables. Chaque pays s’est vu accorder un quota annuel de personnes pouvant être accueillies en Nouvelle-Zélande. Le PAC limite le nombre à 75 habitants pour Tuvalu et Kiribati alors que Tonga et Fiji disposent d’un quota de 250 habitants.

À la suite du refus du gouvernement australien d’accepter des éco-réfugiés de Tuvalu, la Nouvelle-Zélande a en revanche accepté d’accueillir les 11 000 habitants de Tuvalu. Bien que les politiques d’immigration de la Nouvelle-Zélande soient bien plus conciliantes envers les éco-réfugiés qu’en Australie, les insulaires du Pacifique demeurent confrontés à des obstacles sur la voie d’une terre plus sûre. Les candidats prioritaires à l’immigration doivent satisfaire l’ensemble des critères définis dans le cadre de la PAC avant de pouvoir être retenus (…)

Les critères appliqués ont pour effet d’exclure une partie de la population de Tuvalu puisque les candidats doivent :

• être ressortissant de Kiribati, Tuvalu, Tonga, Fiji,

• avoir entre 18 et 45 ans,

• avoir une offre d’emploi acceptable en Nouvelle-Zélande,

• avoir un niveau minimal d’anglais,

• avoir un revenu minimal si le candidat a des personnes à charge,

• ne pas avoir résidé illégalement en Nouvelle-Zélande depuis le 1er juillet 2002.

En résumé, cela signifie que les plus âgés et les pauvres, les plus vulnérables, peuvent rencontrer des difficultés pour être acceptés comme candidats prioritaires. De plus, on entend par offre d’emploi acceptable un poste à temps complet véritable, payé à la semaine ou au mois. Étant donné leur situation géographique et leurs conditions d’accès aux ressources nécessaires, les habitants de Tuvalu pourraient avoir des difficultés à trouver un emploi en Nouvelle-Zélande avant d’arriver dans le pays, ce qui par conséquent les exclut de ce programme d’immigration.

A Citizen Guide to Climate refugees. Friends of the Earth (les Amis de la Terre) Australie.

http://www.safecom.org.au/foe-climate-guide.htm

Media Query: