Le « mountaintop removal » (raclage de montagne) défigure le paysage

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Une prise de conscience du grand public à propos de la méthode relativement nouvelle mais aussi hautement invasive d’exploitation minière à ciel ouvert connue sous le nom de « moutaintop removal » (raclage de montagne) émerge aux États-Unis, grâce à la combinaison de technologies de pointe et au travail des groupes de défense. Le processus non traditionnel d’extraction consiste à retirer les couches superficielles des montagnes pour atteindre les veines de charbon situées en dessous, laissant ainsi d’immenses étendues de paysages défigurés. On peut désormais voir les effets de ce type d’extraction dans la région lourdement exploitée des Appalaches dans l’est des Etats-Unis les images de Google Earth sur le site www.ilovemountains.org, un site créé par sept organisations locales.

Depuis les années 1970, période durant laquelle on a introduit l’extraction minière au sommet des montagnes dans les Appalaches, le processus « s’est poursuivi en secret« , d’après Mary Anne Hitt, directrice d’Appalachian Voices, organisation locale basée en Caroline du Nord. « A moins d‘avoir l’occasion de survoler la région dans un petit appareil, il est difficile de comprendre l’ampleur de l’extraction au sommet des montagnes« , explique-t-elle. Même les riverains méconnaissent fréquemment l’étendue des dommages, qui ont détruit plus de 450 montagnes et sommets dans les États de l’est comme le Kentucky, le Tennessee, la Virginie et la Virginie-Occidentale. D’après un rapport du gouvernement américain de 2003, plus de 800 miles² (soit 2.071 km²) de montagnes aux États-Unis ont été détruits, ce qui équivaut à une étendue dévastée d’un quart de mile (soit 0,4 kilomètre) de large s’étirant de New York à San Francisco.

Cependant, l’exploitation minière au sommet des montagnes ne fait pas que défigurer le paysage, comme le font remarquer les opposants. Alors que l’industrie du charbon prétend que le processus fournit du travail et est plus sûr que les exploitations minières traditionnelles souterraines ou à ciel ouvert, les écologistes affirment que cette pratique peut en réalité être très dangereuse pour les communautés et les économies locales. Avant de commencer à exploiter les montagnes, toute la végétation est arrachée et le sol est dynamité afin d’enlever de 500 à 800 pieds (152 à 244 mètres) de roche et de terre. Ensuite, les débris sont acheminés dans les vallées voisines, ce qui empêche les cours d’eau de s’écouler. L’extraction du sommet des montagnes nécessite aussi la construction de barrages de terre pour contenir la boue toxique issue du processus d’extraction du charbon. Tous ces facteurs contribuent à augmenter les risques d’inondation, endommager les maisons voisines, diminuer la biodiversité et polluer les réserves en eau potable. De plus, d’après ces opposants, en raison de sa dépendance par rapport aux machines, ce type d’exploitation ne fournit qu’une petite part des emplois que l’exploitation minière traditionnelle propose.

Cette information a été traitée par Eye on Earth, un projet commun de Worldwatch Institute et le Blue Moon Fund. Vous pouvez consulter toutes les archives de Eye on Earth ou contacter le journaliste titulaire, Alano Herro sur le site de Worldwatch pour poser des questions, émettre des commentaires et des anecdotes.

Mountaintop Removal Mining Scars Landscapes

Communities Alana Herro

Worldwatch Institute

29.11.2006.

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