Haïti : L’école est la clé de toutes les portes

Publié le : Last updated:

haiti ecole

Jean Wanick Eliassaint, directeur de l’école de Croix-des-Bouquets, tout près de Port-au-Prince, inaugure deux nouvelles salles de classes construites avec GoodPlanet. Photo A. Hiltzer

La Fondation GoodPlanet vient d’ouvrir deux nouvelles salles de classe à Haiti, dans la ville de Croix-des-Bouquets, tout près de Port-au-Prince. Jean Wanick Eliassaint, directeur de l’école et ancien maire, nous raconte.

Quelle est la situation de l’éducation à Haïti ?
Lorsqu’il est arrivé au pouvoir en 1981, le président Jean-Claude Duvalier a tenté de mettre en place une éducation soutenue et correcte pour tous les enfants. Mais après son départ, le pays a commencé à s’enfoncer. Par-dessus tout, le séisme de 2010, qui a fait plus de 200 000 morts et un million de sans-abris, a ravagé de nombreux établissements publics. Environ 90 % des écoles de Port-au-Prince ont été détruites. Ce qui nous a immensément compliqué la tâche…

Aujourd’hui tous les enfants vont-ils à l’école ?
Les écoles sont reconstruites progressivement même s’il reste encore d’immenses besoins. Nous progressons grâce à un socle institutionnel : l’éducation est gratuite et obligatoire en primaire dans tout le pays. Tout récemment, le nouveau président, Michel Martelly, a attribué une bourse mensuelle aux mères afin qu’elles maintiennent leurs enfants dans le système scolaire (400 gourdes par mois, soit environ 80 euros par an). En revanche, la formation professionnelle qui permettait aux jeunes d’apprendre un travail concret (couture, cuisine, bâtiment, etc.) n’est plus subventionnée, ce qui pose un réel problème : les jeunes traînent dans les rues au lieu de travailler. L’école professionnelle est le maillon crucial qui manque encore à notre société et qu’il faudra améliorer dans les années à venir !

Que représente l’aide des ONG pour votre établissement ?
De nombreuses ONG sont venues à Haïti nous apporter leur aide, mais cela s’est fait parfois de manière un peu désorganisée. Lorsque j’étais maire de Croix-de-Bouquets [commune de Haïti à 12 kilomètres au nord de Port-au-Prince], je recevais les ONG pour les guider vers nos besoins les plus urgents. Aujourd’hui, il manque des actions structurées pour faire avancer le pays en fonction des besoins ; certains s’éparpillent. Les ONG ne sont plus accompagnées par le gouvernement et c’est aujourd’hui le gros problème de l’aide internationale.

Etes-vous satisfaits des salles en bambous construites par la Fondation GoodPlanet ?
Ce nouveau bâtiment en bambou de GoodPlanet est arrivé au bon moment ! Nous ne pouvions plus continuer comme cela : notre établissement compte 1685 élèves pour 11 salles de classes dont deux classes de maternelles aménagées dans la cuisine. Et de nouveaux élèves arrivent tous les jours !
Au début, j’étais assez dubitatif sur le bambou de ces nouvelles classes, mais c’est un matériau parasismique et anticyclonique, qui est fait pour durer et traverser les épreuves naturelles. C’est une bonne idée, mais il faut que les Haïtiens s’y habituent. Moi-même, j’aimerais le peindre lorsque j’en aurai les moyens.

Si vous n’aviez qu’un conseil à donner aux enfants, quel serait-il ?
Je leur répète chaque jour qu’il ne faut pas lâcher leurs livres ni leurs cahiers ; qu’ils doivent étudier à la maison même si ils pensent qu’ils n’ont rien à apprendre, dans le but de succéder aux grands de ce monde. Car l’école est la clef de toutes les portes… L’école c’est la vie !

Propos recueillis par Arnaud Hiltzer, à Croix-des-bouquets

 

Les deux classes de l’école nationale de Beudet, à Croix-des-bouquets à Haiti ont été créées dans le cadre du programme ActionCarbone de la Fondation GoodPlanet, soutenu par les habitants de la ville de Domont et de la communauté de communes de l’ouest de la plaine de France. Il a été mis en œuvre sur place avec l’association Défi. Les classes ont été inaugurées le 16 décembre 2013.

Media Query: