Global Zero, une nouvelle génération contre les armements nucléaires

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 3 minutes  

global zero

Les étudiants de Global Zero rencontrent Ban Ki Moon, le secretaire général de l’ONU – DR Global Zero

« On a hérité de ces armes, mais pas de la mentalité qui a accompagné leur prolifération », clame Capucine pour justifier son engagement contre le nucléaire militaire. La jeune étudiante française en sciences politiques au King College de Londres fait partie de ces milliers de jeunes impliqués au travers de Global Zero dans un combat qui semble, pour certains, appartenir à une autre époque. Mais qui, à leurs yeux, est plus que jamais d’actualité.

La guerre froide est finie depuis 20 ans, la destruction du monde par un conflit atomique ne semble plus à l’ordre du jour. Pourtant, les armes nucléaires représentent toujours un danger. C’est sur ce constat qu’est né le mouvement Global Zero. Réunis à Paris en 2008 dans le cadre d’une conférence sur la réduction des arsenaux nucléaires, 100 personnalités ont lancé Global Zero, un appel à l’élimination des armes nucléaires grâce à un plan par étapes pour l’élimination des armes nucléaires. Ces personnalités comptent aussi mener une diplomatie informelle pour peser sur les gouvernements et obtenir le soutien de l’opinion. C’est là que les jeunes bénévoles militants interviennent. D’abord repris par de jeunes étudiants américains le mouvement Global Zero a gagné les universités et les grandes écoles d’Europe. Ils plaident pour l’abolition progressive et totale de ces armes.

Global Zero s’appuie sur le soutien de 300 personnalités (hommes politiques, anciens responsables militaires) dont Jimmy Carter, Mikhail Gorbatchev et Alain Richard. Et sur le film Countdown to Zero http://cutnukes.org/?locale=fr) destinée aux gouvernants. De plus,ils et elles organisent dans les facs des débats, des projections et se retrouvent une fois par an pour développer leur argumentaire.

Pour les membres de Global Zero, rallier les jeunes d’aujourd’hui, c’est d’une part envoyer un signal aux dirigeants, leur rappeler que ce combat n’est pas d’arrière-garde et d’autre part parier sur l’avenir puisque ces étudiants seront en partie les décideurs de demain. Les militants de Global Zero savent jouer aussi sur les chiffres en ces temps de crise puisqu’ils évaluent à plus de 1000 milliards de dollars le montant des économies possibles à l’échelle mondiale en supprimant les arsenaux nucléaires.

En Europe, ce sont Anaïz (directrice du mouvement en Europe) pour la France et Capucine, qui milite en Angleterre, qui espèrent rallier une nouvelle génération à leur cause. « Nous avons grandi après la Guerre Froide. Le grand public n’en n’a pas forcément conscience car le rôle du nucléaire militaire n’est plus questionné. Pourtant, les menaces qu’il fait peser demeurent et ont évolué avec le terrorisme, la prolifération et l’appropriation de l’arme pas des états insuffisamment stables », estime Capucine. Au rang des menaces, elle cite notamment le risque de prolifération de cette technologie, les cas constatés de tentatives d’acquisition frauduleuse d’uranium à des fins militaires ou terroristes. Il y aurait 18 cas rendus publics, selon Capucine.

« J’ai l’impression qu’inconsciemment les Français ne remettent pas en cause l’arme atomique pour des raisons de prestige. Mais la dissuasion ne marche qu’à armes égales, et ce n’est plus le cas dans le monde actuel », estime la jeune fille qui veut relancer le débat sur ces questions. Les participants reconnaissent volontiers que, malgré les accords internationaux de réduction des armes nucléaires, ce n’est pas un combat facile. Mais « faire évoluer les mentalités est un devoir moral commun ».

Le site de Global Zero : http://www.globalzero.org/

La pétition en ligne sur le coût les armes nucléaires : http://cutnukes.org/?locale=fr

Voir la bande-annonce du film Countdown to Zero

Julien Leprovost

Global Zero

Temps de lecture : 3 minutes  

global zero

Fondé à Paris en 2008, Global Zero regroupe des étudiants dans le monde entier et plus de 300 personnalités en faveur du désarmement nucléaire. Le mouvement a rejoint l’Europe. Ils organisent des débats et proposent de signer une pétition, à cette adresse http://cutnukes.org/?locale=fr, pour dire non aux armes atomiques.

Media Query: