No Impact Man

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no impact man interview

Colin Beavan et sa fille au marché

Qualifié par certains de héros idéaliste et par d’autres de démon moralisateur, Colin Beavan raconte, à travers son livre No impact man (sorti en France en mars 2010), comment il a commencé à se faire du souci pour la planète et comment, avec plus ou moins de réussite, il s’est senti obligé de faire quelque chose et a tenté, durant une année entière, d’opter pour un style de vie respectueux de l’environnement.

En 2006, alors que les problèmes relatifs au changement climatique occupent le devant de la scène avec la sortie d’Une vérité qui dérange, Colin Beavan ressent le besoin d’opter pour un mode de vie plus durable, d’être du côté de la solution plutôt que de celui du problème. Après avoir examiné son mode de vie consumériste et déterminé la meilleure façon de changer et de pousser les autres à vivre de façon plus soutenable, il écrit : « Au départ, je voulais plaider pour une société un peu moins complaisante et un peu plus aimante. Puis, je me suis dit qu’il ne fallait pas tant que j’écrive un livre pour changer les autres que pour me changer, moi, en premier lieu. »

Voir une interview de Colin Beavan

L’idée de No impact man était née. Colin Beavan, accompagné de sa femme et de leur fille de deux ans, sont ainsi passés en l’espace d’un an à un mode de vie zéro impact. Les principaux objectifs du projet, qui ont été atteints petit à petit, étaient les suivants : zéro déchet, aucun trajet générateur de CO2, achat de denrées alimentaires venues de marchés locaux et bios situés dans un rayon de 400 km et enfin renoncement à l’électricité.

Nombreuses sont les personnes qui ont adopté des modes de vie respectueux de l’environnement afin de réduire leur empreinte carbone, mais c’est bien l’expérience de durabilité poussée à l’extrême menée par Colin Beavan qui a retenu l’attention des médias américains. En n’utilisant aucun produit à base de papier (pas même du papier-toilette) ou en renonçant à l’ascenseur et en grimpant à pied les six étages qui le séparaient de son appartement, Colin Beavan n’a pas seulement cherché à n’avoir aucun impact carbone, mais, comme il l’écrit lui-même, « aucun impact environnemental ».

« Il y a certaines ressources que nous avons cessé d’utiliser et c’était mieux pour la famille… nous nous sommes mis au vélo et nous avons passé plus de temps les uns avec les autres. Le mode de vie américain fait que nous en sommes aujourd’hui arrivés au point où nous utilisons tellement de ressources que ça nous rend moins heureux. Il faut que nous battions en brèche le présupposé qui veut que plus on a de ressources, plus on est heureux. »

Comme on pouvait s’y attendre, l’idéalisme qui a nourri le projet « No Impact » a néanmoins été soumis à rude épreuve. Ainsi, un soir, alors que sa fille avait vomi à deux reprises sur ses draps, Colin Beavan n’a pu se résoudre à les laver à la main. Cela a constitué un moment crucial de l’expérience. « Je me sens nul, mais j’ai recours au lave-linge qui est au sous-sol. A cet instant… je renonce. »

Cet épisode renvoie l’auteur à l’équilibre à trouver entre confort moderne et mode de vie respectueux de l’environnement, un équilibre pas toujours facile à définir. Colin Beavan le décrit comme « un moindre niveau d’utilisation des ressources », la sensation d’aller à l’encontre du progrès. « On n’a pas le sentiment de tracer enfin sa propre voie, de prendre une direction nouvelle. Au contraire, on se sent privé de quelque chose. Malgré tout ce que j’ai pu dire sur le bonheur qui naît d’une plus grande sobriété, il y a un moment où la tendance s’inverse. Vous ne renoncez pas de votre plein gré au lave-linge quand vos enfants souillent les draps, pas plus qu’un père de famille ne privera de lampe de chevet son enfant qui est en âge de lire. Ce sont des éléments qu’il faut prendre en considération.»

Tout en fascinant les lecteurs de son blog qui ont suivi un an durant ses éco-victoires et ses éco-défaites, Colin Beavan a abordé avec GoodPlanet l’aspect culturel, parfois controversé, de son entreprise. « Je n’ai rien d’exceptionnel et pourtant, il y en a qui me demandent si je ne suis pas une sorte de gourou, ce qui me paraît délirant. Et en même temps, il faudrait peut-être que les gens entreprennent de chercher le gourou qui est en eux et qu’ils lui fassent confiance, et, si tous ces problèmes les touchent, qu’ils se mettent à faire quelque chose. » Pourtant, s’il en juge par son propre parcours, Colin Beavan ne voit toujours pas très bien comment l’humanité va pouvoir résoudre la crise environnementale.

No Impact Man
No Impact Man

No Impact Man est un livre qui narre l’expérience No Impact conduite sur une année par Colin Beavan et sa famille à New York. Durant une année, ils se sont efforcés de vivre le plus écologiquement possible.

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