Le temps n’est pas que de l’argent, c’est aussi du miel…

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actions de la banque du miel

Depuis dix ans environ, les abeilles disparaissent par milliers. Ce phénomène baptisé en 2006 « syndrome d’effondrement des colonies » (Colony Collapse Disorder, ou CCD) se répand rapidement dans le monde. Certains disent que si l’abeille disparaît, ce n’est pas si grave. Au pire, pensent-ils, on ne mangera plus de miel. Or, leur disparition constitue un véritable drame tant les abeilles rendent un service public vital à l’humanité. Elles servent à fructifier notre environnement. Sans elles, il n’y a plus de fleurs, plus de fruits, plus de vie… .

Alerté par ce drame, Olivier Darné, un bouillonnant quadragénaire, plasticien et apiculteur, a mis sur pied en 2004 un programme de pollinisation urbaine, afin de protéger les abeilles de l’épandage des pesticides en zone agricole, cause probable de leur mort brutale. Pari réussi puisqu’aujourd’hui, les abeilles des villes produisent bel et bien plus de miel que dans la majorité des régions rurales du monde. Même si, explique Olivier, la ville n’est pas par essence une terre de miel, « le réflexe de l’abeille est d’aller au butin dans un environnement protégé, dans les jardins publics par exemple, sur les balcons fleuris ou sur les étalages des magasins de fleurs ».

Afin d’inciter le public à participer au processus de restauration des ruches urbaines, Olivier a eu l’idée originale de créer une Banque du miel. Ce processus financier, développé actuellement entre la France, la Suisse et les Pays-Bas, permet au public d’investir dans un service d’intérêt général, grâce à un Compte épargne abeilles. « Ce compte abeilles permet de produire de la richesse et du collectif plutôt que de l’argent et de la solitude» détaille Olivier. Les sociétaires de la Banque du miel reçoivent un dividende en « miel béton », lors de partage du butin. Une autre partie de la production est transférée au « Fonds Mellifère International » (FMI) afin de constituer, d’année en année, une mielothèque internationale. Egalement, chaque année entre 200 et 300 kilos de Miel Béton sont offerts sur les trottoirs des villes, les places, les théâtres à proximité des ruches installées par l’équipe d’Olivier. Le reste du miel produit est vendu. « La pollinisation régule toute la chaîne alimentaire du vivant, résume Olivier. L’environnement nous nourrit, fait des fruits et l’abeille, grâce au butinage, est à la connexion parfaite de ce processus. Il est vital de protéger les abeilles, elles sont devenus de véritables bio-indicateurs».

La Banque du Miel
 banque du miel honey bank

La Banque du miel est un dispositif artistique qui développe un outil financier : le Compte épargne abeilles. Ce dispositif développe un processus financier lequel permet au public d’investir de l’argent d’humain pour le transformer en argent d’abeilles (miel). En effet, grâce à un Compte épargne abeilles, vous investissez dans un service d’intérêt général, le service public de pollinisation.

Son fonctionnement est simple. L’argent des sociétaires de la Banque est collecté et réinvestit dans une installation artistique abritant une ruche ou dans le travail d’un apiculteur qui le rendra à la Banque en miel à partager et en pollinisation.

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