En Sibérie, des scientifiques veulent recréer les écosystèmes de l’ère glacière

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Dans l’extrême nord de la Sibérie, un géophysicien russe et son fils essaient de recréer les écosystèmes de la dernière période glaciaire, terminée il y a près de 12 000 ans, afin de lutter contre le réchauffement climatique. Leur objectif : empêcher la fonte du permafrost (terme géologique qui désigne un sol dont la température se maintient en dessous de 0°C pendant plus de 2 ans consécutifs).

Pêcheurs sur le lac Baikal gelé, Sibérie, Russie (53°46’N – 108°19’E). © Yann Arthus-Bertrand

Selon plusieurs études scientifiques, les sols gelés de l’Arctique contiennent 1 700 milliards de tonnes de carbone, ce qui en fait la plus grande réserve de la Terre. Pour la première fois depuis le Pléistocène, communément appelé l’Age de Glace, de gigantesques bandes de glace sont en train de fondre. Ce processus de dégel pourrait libérer dans l’atmosphère des gaz à effet de serre pris au piège depuis des centaines de milliers d’années, ce qui reviendrait à brûler toutes les forêts de la planète. Deux fois.

Pour ralentir cette fonte, les deux scientifiques tentent de faire baisser la température du sol en reconstituant l’ancien écosystème de la région arctique, constitué de vastes prairies d’herbe entretenues par de grands herbivores. Depuis 1996, Sergueï et Nikita Zimov réintroduisent ainsi au sein du « Pleistocene Park » des animaux tels que des chevaux, des yaks, des élans, des rennes, des boeufs musqués et des bisons pour brouter l’herbe, nourrir le sol, piétiner la végétation et repeupler la steppe. Obligés à se déplacer fréquemment pour éviter les loups et autres prédateurs, les animaux laissent le temps à l’herbe de repousser, ce qui permet à terme de développer une faune diversifiée.

Le prochain projet de Sergueï et Nikita Zimov est de faire venir 12 bisons d’Alaska au sein de ce parc de 150 km2. Une campagne de crowdfunding a été lancée pour les aider à financer ce transfert : https://www.indiegogo.com/projects/bison-to-save-the-world–2#/ 

Et pourquoi pas des mammouths ? La science génétique se développe tellement vite qu’ils pourraient un jour faire leur grand retour. C’est en tout cas le rêve de ces deux scientifiques.

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