A lire : le billet de Nicolas Depoorter

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Aujourd’hui, Yann Arthus-Bertrand a souhaité vous partager le « coup de gueule » de Nicolas Depoorter…

« Ecoeuré. Ca y est, Neymar a (enfin !!) signé au PSG. Après plusieurs semaines de bruits de couloirs, je n’ose y croire. Mais non pour les mêmes raisons que l’immense majorité, du supporter lambda au Président Macron en passant par le Ministre du Budget. Non je n’ose croire que nous vivons dans un monde où, dans le même temps, il est possible de débourser 222 millions d’euros pour « acheter » un individu qui joue au ballon et de savoir que des millions de familles souffrent de la famine et du choléra, en grande partie du fait de l’indifférence de la communauté internationale.

Un monde où il est possible de se révolter pour une baisse de 5€ d’aides sociales, tout en se réjouissant de la signature d’un contrat à +30 millions d’euros / an.

Et pourtant, je vous parle en tant que supporter de football. J’aime ce sport, j’aime le pratiquer, et j’aime admirer ses plus beaux artistes. 
Mais je vous parle surtout en tant que citoyen du monde. Comment ne pas être pris de malaise face à de telles injustices ? Quel monde avons-nous construit pour rester indifférent quand des millions de nos concitoyens ne parviennent toujours pas à (sur)vivre dignement, pendant que 60 personnes possèdent autant que les 3,5 milliards d’êtres humains les plus pauvres ?

Alors on pourra toujours me rétorquer que je suis rabat joie, que je mélange tout, qu’il existe une réalité économique derrière le montant d’un tel transfert. 
Et bien je ne crois pas. Je crois au contraire que tout est lié. A toujours vouloir isoler les événements les uns des autres, nous perdons de vue que nous sommes tous embarqués sur le même bateau. Que nos modes de vie et nos décisions ici, ont des conséquences et des répercussions là bas. Qu’on ne peut pas sérieusement arguer vouloir lutter contre le terrorisme tout en accueillant avec le sourire les dirigeants des pays qui les soutiennent et les liquidités qu’ils amènent avec eux. 
Le transfert de Neymar est un symbole. Mais ce n’est pas le symbole d’un championnat de France de football qui reprend de l’importance. C’est le symbole le plus odieux d’un monde qui ne tourne pas (plus) rond.

Ouvrons les yeux, indignons-nous. »

 

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