HUMAN : Vivre avec le Sida

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Aujourd’hui 1er décembre, c’est la Journée mondiale de lutte contre le SIDA. C’est aussi un combat contre l’exclusion, la discrimination et l’injustice qu’engendre le VIH, comme le montre le témoignage de Kasemari. Elle est séropo­sitive depuis dix ans. elle milite contre l’ex­clusion des malades.

« Quand j’ai appris que mon mari avait été infecté par une autre femme, cela m’a mise très en colère. En 1996, c’était la première fois que quelqu’un était infecté au village. Je n’arrivais pas à l’accepter, et les gens du village ne l’acceptaient pas non plus. Et le chef du village disait même qu’il ne fallait pas l’aider parce que c’était de sa faute et qu’il fallait le laisser mourir.

Moi, j’étais vraiment très mal, je ne pouvais pas aller au marché, on ne me laissait pas toucher les porcs ou quoique ce soit d’autre. Dans le village, ils ne nous acceptaient pas, et en plus, mon mari vient du Nord-Est. Nous avons donc tous déménagé pour aller vivre à Khon Kaen (à 500 kilomètres vers le sud-ouest). Nous sommes restés environ un an, mon mari était tout le temps malade, il ne travaillait pas ; moi, je ne faisais que m’occuper de lui.

J’étais tellement triste qu’à cette époque, on a même pensé à se suicider avec toute la famille.

Et puis, j’ai pensé que mon enfant qui venait juste de naître n’avait rien fait de mal, alors pourquoi aurions-nous dû le tuer ? Il faut que je sois là pour lui, pour qu’il ne subisse pas la même vie que moi.

J’ai appris comment vivre avec la maladie, je suis devenue volontaire, et j’ai pu transmettre ce que je savais à d’autres. Je leur explique qu’on peut vivre avec la maladie, qu’on peut la gérer, que la maladie va rester avec nous pour toujours mais qu’on peut être en bonne santé. Cette énergie, je la partage avec mes amis pour qu’ils aient une vie plus facile, et cela me rend heureuse. Je dois aider les autres, donc je n’ai pas le droit de mourir. Et quand je suis malheureuse, je vais au temple, je prie et ça va mieux.

Cela fait plus de dix ans que je suis infectée par le virus du sida. Je voudrais envoyer un message d’encouragement à tous mes amis infectés par le virus dans le monde entier : n’oubliez pas que vous avez de la valeur, contrairement à ce que les gens pensent et disent autour de vous. Nous sommes des êtres humains comme les autres, nous avons une valeur et nous sommes utiles à la société. »

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