GoodPlanet au Botswana

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Botswana

Eléphants dans le delta de l’Okavango, Botswana (19°26’ S – 23°03’ E). © Yann Arthus-Bertrand
Les éléphants d’Afrique (qui appartiennent à deux espèces Loxondonta africana et Loxodonta cyclotis) parcourent des kilomètres pour trouver les 100 à 200 kg de végétaux dont ils ont besoin chaque jour pour se nourrir.

Afin de sélectionner des projets de terrain au Botswana, Anouck et Cédric s’y sont rendus cet été en mission dans ce pays. Ils nous rapportent ce qu’ils ont vu et quels sont les enjeux en matière de préservation de la biodiversité dans le pays où vivent en liberté des lions et des éléphants.

Grand comme la France, le Botswana est un pays peuplé de seulement 2 millions d’habitants. Conséquence, une faible densité de population qui laisse donc de la place aux animaux. Mais ce n’est pas sans poser de problèmes, car si la faune sauvage rapporte de l’argent grâce au tourisme, les difficultés de coexistence entre les animaux et les populations locales existent.

Le Botswana est, en Afrique Australe, un pays en pointe des politiques de conservation de la biodiversité. Dans les années 1990, le Botswana a décentralisé et délégué la gestion des ressources naturelles aux communautés locales. La durabilité de ce système repose principalement sur les revenus issus des quotas de chasse (dont l’argent sert à faire vivre les communautés et à préserver le milieu), mais l’interdiction de la chasse fin 2014 remet en cause le financement des réserves. Une nouvelle approche est donc nécessaire.

Cette interdiction de la chasse a, non seulement, bénéficié à la faune mais a aussi pour conséquence d’accroître les conflits entre les hommes et une faune sauvage croissante. Les communautés locales et les animaux se retrouvent en compétition pour accéder aux ressources dont ils ont chacun besoin pour survivre : eau, nourriture ou encore espace. C’est pourquoi, si le Botswana veut continuer à jouer un rôle important dans la préservation de la faune sauvage africaine, il doit améliorer la coexistence entre l’Homme et la faune sauvage. Pour cela, il lui faut offrir aux communautés l’opportunité de générer des revenus durables. C’est la solution à développer à long terme pour pérenniser les activités touristiques et le maintien des éléphants, des lions et des autres animaux emblématiques de la région.

En effet, les conflits hommes faune sauvage ont augmenté ces dernières années malgré les efforts pour minimiser cet impact. Ces conflits sont causés par la proximité des zones protégées à celles exploitées, il n’est pas impossible ni rare pour un paysan de se retrouver nez à nez avec un éléphant sauvage dans son champs ! L’expansion des activités humaines explique en partie cette recrudescence des incidents. Des mesures existent comme l’éducation et la sensibilisation des populations aux bons gestes pour savoir comment réagir face à un animal sauvage. Par ailleurs, des méthodes sont expérimentées, comme le recours au piment ou à des dispositifs sonores pour effaroucher les animaux et les dissuader de venir sur des terrains réservés aux activités humaines comme l’élevage. La politique nationale vise à promouvoir une utilisation compréhensive et participative de l’usage des sols pour permettre une coexistence. Sur place, des ONG, comme Elephants For Africa ou ECOEXIST, travaillent dans ce sens. Cette dernière a réalisé une vidéo très intéressante en anglais qui résume bien les enjeux.

“The Ecoexist Project: Pathways to Coexistence” from Richard Hughes on Vimeo.

La Fondation GoodPlanet devrait prochainement apporter son soutien à deux ONG locales œuvrant dans ce sens. C’est pour voir les projets qui existent déjà et que nous pouvons soutenir que nous nous sommes rendus au Botswana. Prochainement, nous vous expliquerons quelles ONG nous aiderons et pourquoi.

Anouck Le Crann et Cédric Javanaud

 

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