Coup de cœur : l’expo Dans les mailles du filet

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mailles du filet

Affiche de l’exposition
★ Bronx agence (Paris) – bronx.fr

Le Musée de la Marine revient sur 5 siècles de pêche à la morue : de son apogée à son déclin fulgurant à la fin du siècle dernier. L’exposition « Dans les mailles du filet » est un voyage à travers le temps mais aussi une réflexion sur l’avenir de la pêche. La pêche à la morue, c’est 5 siècles d’histoires de marins qui risquent leur vie sur une mer hostile pendant plus de 6 mois par an, d’histoires de femmes, de mères, d’enfants qui attendent leur retour, parfois, en vain, 5 siècles d’expéditions pour l’or blanc et un cas d’école des conséquences de la surpêche.

L’exposition propose de revivre cette histoire mouvementée à travers des récits, des peintures, des photos, des maquettes, et de belles publications d’époque, mais surtout elle engage une véritable réflexion sur nos pratiques de pêches actuelles. En 2012, la consommation de poissons et de fruits de mer a atteint 136 millions de tonnes.

L’exposition rappelle que tout débute à la fin du XVe siècle, des milliers de marins pécheurs quittent les ports de l’Atlantique, direction les eaux glaciales de Terre-Neuve et d’Islande, on les appelle les Terras-Neuvas. Ils vont pécher la Gadus Morhua, un poisson vorace pouvant atteindre 1m50 de long et peser 90 kg ! 18 heures par jour, à bord de chaloupes, ils hameçonnent de belles morues de 30 kg. La morue constitue alors une ressource abondante, qui se conserve très bien salée ou séchée. Les pêcheurs du XXIe siècle, sur leurs bateaux usines, doivent eux se contenter de prises de 2 à 5 kg maximum.

Puis, la pêche à la morue en Terre-Neuve décline, avec des conséquences néfastes pour l’environnement et l’emploi. Au 20ème siècle, la consommation explose et les premiers chalutiers prennent la mer. En 1968, on atteint un niveau de capture record : 2 millions de tonnes de morues péchées ! Mais dès les années 1970, le revers de la médaille est terrible : la morue disparaît de ces eaux si poissonneuses ! Des mesures de restrictions sont mises en place, mais il est trop tard. En 1992, le Canada doit interdire la pêche à la morue dans les eaux de Terre Neuve. Aujourd’hui, seules deux espèces de morue y retrouvent des seuils de population convenable. La morue, appelée aussi cabillaud, que nous consommons aujourd’hui vient donc de l’Atlantique Nord Est ou de la mer des Barents.

 

Grande Hermine aux pieds des îles Lofoten en mer de Norvège © Marcel Mochet

Grande Hermine aux pieds des îles Lofoten en mer de Norvège
© Marcel Mochet

Alors, que faire ? Quel est l’intérêt des quotas ? Quel avenir pour les pécheurs ? Quels poissons consommer ? Faut-il privilégier la pêche ou l’aquaculture ? La dernière partie de l’exposition est conçue sous forme de débat interactif. Sur différents écrans, des acteurs majeurs de la pêche, des scientifiques et des associations répondent à ces questionnements, préconisent des solutions, inventent la pêche de demain… L’enjeu est de taille ! Un chiffre illustre à lui seul l’étendue de la tâche : au moins 29 % des stocks de poissons sont toujours surexploités au niveau mondial !

INFOS PRATIQUES : Exposition « Dans les mailles du filet » du 7 octobre 2015 au 26 juin 2016 – Musée de la Marine de Paris – 10 euros l’entrée sans réduction. Tout public.

Caroline Amiard

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