La solution est dans l’assiette ! Redécouvrir les produits de saison

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Calendrier perpétuel © Claire Sophie Lozia

Calendrier perpétuel © Claire Sophie Lozia

Saviez-vous que l’alimentation est responsable de 20 à 30% des émissions mondiales de gaz à effet de serre ? En effet, les produits alimentaires génèrent des émissions de CO2, de méthane ou encore de protoxyde d’azote pendant tout leur cycle de vie (agriculture, transports, utilisation, fin de vie, etc.). Pourtant, il existe aujourd’hui une myriade de solutions pour limiter l’impact de notre alimentation sur le climat. La Fondation GoodPlanet lancera une grande campagne autour de l’alimentation et du climat dans le cadre la COP21 : LA SOLUTION EST DANS L’ASSIETTE ! En attendant, nous vous faisons découvrir chaque semaine une solution concrète et une initiative exemplaire !

UN CHIFFRE CLÉ

D’après une étude d’Ethicity publiée en 2014, 44% des français estiment qu’acheter des produits de saison s’avère être un moyen de consommer plus malin ; et vous ?

UN CONSTAT

Il y a seulement quelques décennies il aurait été incongru et surtout impossible de manger des framboises en janvier ; aujourd’hui, qu’elles soient surgelées ou importées, elles trouvent leur place sur nos étals toute l’année. Fraises, asperges, tomates, petit-pois, raisins, notre consommation a perdu le sens des saisons ! Pourtant ce mode de consommation, qui n’est pas motivé par le goût – qui n’est souvent malheureusement pas au rendez-vous – a des impacts importants sur l’environnement.

D’une part, l’acheminement des produits importés nécessite la combustion d’énergies fossiles qui génèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Ainsi, un fruit importé hors saison par avion consomme pour son transport 10 à 20 fois plus de pétrole que le même fruit produit localement et acheté en saison : 1 kg de fraises d’hiver peut nécessiter l’équivalent de 5 litres de gasoil pour arriver dans notre assiette !

D’autre part, si les produits « locaux » parcourent généralement moins de kilomètres, leur empreinte carbone peut également être très élevée : en effet, faire pousser des tomates en France en hiver nécessite de les cultiver sous serre. Or, ce mode de production est très énergivore.  Ainsi, la production d’une tomate consommée en saison émet, en moyenne, 20 fois moins de gaz à effet de serre qu’une tomate produite sous serre chauffée !

UNE SOLUTION

Redécouvrir les produits de saison hexagonaux ! Outre le fait qu’ils nécessitent beaucoup moins d’énergie pour être cultivés, les produits de saison ont souvent aussi meilleur goût, car ils profitent de conditions de maturation optimales. Ils conservent mieux leurs qualités nutritionnelles et nécessitent généralement moins de traitements car ils sont consommés plus rapidement.

Ensuite, les fruits et légumes de saison sont la plupart du temps moins coûteux à produire et à acheminer, ils sont donc souvent moins chers que les plats préparés. En consommer est donc un geste pour la planète et pour son portefeuille !

Enfin, la rareté, liée à la saisonnalité, de certains fruits et légumes rend leur consommation d’autant plus appréciable qu’elle est périodique.

De nombreuses initiatives visent aujourd’hui à sensibiliser les consommateurs à la saisonnalité des produits, mais l’une des plus originales et des plus marquantes est celle des Incroyables Comestibles.

UNE INITIATIVE

L’expérience Incredible Edible a vu le jour en 2008 dans la ville de Todmorden en Angleterre. Le principe est de mettre à disposition d’une communauté des potagers collectifs où chacun peut venir cultiver et se servir des fruits et légumes disponibles. Évidemment en plein air et sans utilisation de pesticides, ces potagers sont l’occasion de faire découvrir à ses voisins des légumes, anciens ou non, mais de saison !

Cette initiative citoyenne originale et solidaire a séduit très rapidement et a essaimé partout dans le monde. Apparue en 2012, la branche française Incroyables Comestibles, compte aujourd’hui des centaines de potagers et des milliers de volontaires. Le concept séduit depuis la capitale jusque dans les plus petits villages – qui ont parfois des potagers remarquablement entretenus et fournis !

À force de semer, planter et se servir gratuitement, les usagers des potagers collectifs ont fait évoluer leurs habitudes dans de nombreux domaines : une redynamisation du lien et de la mixité sociale dans ces espaces collectifs, un pas vers l’autosuffisance alimentaire, le rapprochement des hommes avec la nature, la sensibilisation aux enjeux climatiques  et, surtout, la redécouverte du rôle essentiel des saisons dans la production agricole !

UNE ASTUCE

Tous les potagers Incroyable Comestibles sont géo-localisables, il ne vous reste plus qu’à trouver celui qui est le plus proche de chez soi et aller y faire un tour !

Par ailleurs, pour connaître les fruits et légumes de saison, il est possible de télécharger les très beaux calendriers de Claire-Sophie Lozia.

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