Monceaux de mousse polluante sur une célèbre plage indienne

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Un jeune joue avec la mousse provoquée par des agents polluants sur une plage de Chennai dans le sud de l’Inde, le 29 novembre 2019
© AFP Arun SANKAR

Des monceaux de mousse blanche polluaient lundi pour le quatrième jour consécutif l’une des plus célèbres plages de Chennai, grande ville du sud de l’Inde.

Malgré l’odeur âcre dégagée par cette mousse provoquée par des agents polluants, des enfants jouaient à se rouler dedans et à se prendre en photo. Selon les médecins, la substance est susceptible de provoquer des problèmes dermatologiques.

La mousse revient chaque année suite à la mousson mais l’épisode est particulièrement marqué cette année. Les pêcheurs locaux se sont vus recommander d’éviter la zone touchée.

Inconscientes du danger, des centaines de familles fréquentaient pourtant la longue plage de Marina Beach jouxtant la ville, laissant leurs enfants patauger dans la mousse qui s’étend sur plusieurs kilomètres de côte.

L’agence anti-pollution de l’Etat du Tamil Nadu a annoncé avoir fait des prélèvements de mousse à des fins d’analyse.

« Il est clair que ce n’est pas bon pour les gens d’aller dans la mousse mais ils ne comprennent pas les risques », déplore Pravakar Mishra, scientifique au Centre national de recherche côtière à Chennai, qui dit avoir vu les volumes de mousse croître ces dernières années.

Jeyaseelan, un pêcheur âgé de 30 ans, note qu’aucun client ne veut acheter le peu de poisson qu’il a réussi à capturer ces derniers jours.

« Tout le monde pense qu’il est contaminé », déclare-t-il. « Mes revenus sont tombés à pratiquement rien ».

La plage de Marina Beach, autrefois immaculée, attire chaque weekend des dizaines de milliers de personnes et est au coeur de la vie de Chennai.

Les experts attribuent l’épisode de mousse aux fortes pluies des derniers jours, qui ont entraîné des eaux usées et du phosphate dans la mer. Selon M. Mishra, il s’agit notamment de résidus de lessive mêlés à d’autres déchets.

Seules 40% des eaux usées de Chennai et d’autres grandes villes indiennes sont retraitées correctement, selon lui. « Le reste part dans la mer et voilà ce qui se passe », ajoute le chercheur, qui prévoit d’installer une bouée destinée à mesurer le niveau de pollution de la mer.

« La pollution est désormais une plus grande menace pour les plages indiennes que la montées des océans », note-t-il, évoquant les égouts, les microplastiques qui tuent les poissons et les sacs et déchets plastiques qui jonchent le sable.

Des volontaires ont ramassé près d’une tonne de plastique et autres ordures en à peine deux heures lors d’une récente opération de la plage de Chennai, raconte-t-il.

© AFP

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