L’Antarctique, « le coeur de la Terre » qu’il faut protéger

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l'Institut antarctique

Le directeur de l’Institut antarctique chilien, Marcelo Leppe, à Punta Arenas, le 12 novembre 2019 au Chili
© AFP Johan ORDONEZ

« Cœur de la Terre », l’Antarctique subit lui aussi, malgré son éloignement, l’impact des activités humaines, déplore le directeur de l’Institut antarctique chilien, Marcelo Leppe, dans un entretien avec l’AFP.

Question: En quoi l’Antarctique est-il important?

Réponse: « A l’école, on nous a enseigné qu’il n’y a que cinq continents dans le monde. C’est le sixième continent, un continent que l’on peut définir comme le cœur de la Terre. Le principal courant marin dans le monde, c’est le courant circumpolaire antarctique qui se déplace d’ouest en est autour de l’Antarctique.

Apparu il y a 30 millions d’années, il a gelé un continent qui était vert auparavant et il est lié à la circulation thermoaline (océanique) à travers le monde. C’est comme un cœur parce que tous les ans, l’Antarctique change de taille: de 14 millions de kilomètres carré à plus de 20 millions. Il grandit en hiver avec les glaces marines et se contracte en été. C’est comme s’il battait.

Et le courant subantarctique se déplace autour du monde comme un système circulatoire. Il joue probablement un rôle majeur dans le contrôle du changement climatique. Il est donc très important de comprendre, prévoir et protéger. »

Q: Quel est l’impact du changement climatique sur le continent?

R: « Le principal impact dans l’Antarctique, c’est probablement la cryosphère: chaque année, on peut voir les glaciers fondre, les glaces marines disparaître (…) et, dans les zones libérées des glaces, la recolonisation de plantes et d’autres organismes qui n’étaient pas présents en Antarctique avant, du moins à l’échelle de l’humanité.

Sur les 50 dernières années, nous avons noté qu’environ 15% de la glace avait disparu. Et cette courbe va s’accélérer dans les années à venir, probablement plus que dans les prévisions du Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

En 2100, une proportion importante de la glace, plus de 35%, aura disparu. Le paysage de la péninsule Antarctique et la dynamique des courants marins seront totalement différents. »

Q: Quelles autres menaces devraient nous préoccuper?

R: « L’Antarctique n’est pas aussi isolé qu’on le pense. Les micro-plastiques commencent à être un gros problème. Ils sont partout et nous en avons détecté dans tous les environnements. Nous en avons détecté dans les œufs de manchots par exemple.

Ce que l’on fait dans le reste du monde a donc un impact jusque dans l’Antarctique et cette nature qui semble épargnée par l’empreinte de l’homme ne l’est en fait pas, comme le montrent les micro-plastiques.

Quand vous avez un continent qui régule la météo, le climat autour de la Terre via les téléconnexions, bien sûr que vous devez être vigilant. »

© AFP

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