Australie : les touristes affluent pour la dernière fois sur le rocher d’Uluru

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Des touristes font l’ascension du rocher d’Uluru une dernière fois avant son interdiction, le 25 octobre 2019 au Parc national Uluru-Kata, en Australie
© AFP SAEED KHAN

Uluru (Australia) (AFP) – Des centaines de touristes ont afflué une dernière fois vendredi sur le site d’Uluru, célèbre formation rocheuse au coeur du désert australien, à la veille de l’interdiction de son ascension.

A compter de samedi, une mesure interdisant de manière permanente l’ascension de ce monolithe géant, considéré comme sacré dans la culture aborigène, entrera en vigueur à la demande de ses propriétaires, les aborigènes Anangu.

Des centaines de personnes ont attendu pendant des heures vendredi matin l’autorisation d’entamer la montée, interdite jusqu’en milieu de matinée en raison de vents violents.

L’organisme gouvernemental Parks Australia a indiqué que les conditions météorologiques seraient réévaluées tout au long de la journée afin de déterminer si l’ascension pouvait demeurer autorisée.

« Je suis juste venu pour voir mais quand j’ai appris que c’était la dernière fois qu’il était possible (de faire l’ascension), j’ai décidé d’essayer », a expliqué à l’AFP un touriste polonais, Matt Oswiecimiki, âgé de 29 ans.

Tout en estimant « normale » une telle interdiction par respect pour le peuple Anangu, il était déterminé à saisir l’opportunité de pouvoir escalader une dernière fois le rocher.

De nombreux touristes pensent que l’escalade d’Uluru, également appelé Ayers Rock, fait partie des choses qu’il faut absolument faire quand on visite l’Australie.

Les aborigènes Anangu, qui vénèrent le lieu depuis des dizaines de milliers d’années, avaient décidé d’interdire l’ascension d’Ayers Rock, estimant notamment que « c’est un lieu extrêmement important, pas une cour de récréation ou un parc à thème ».

Les touristes seront toujours autorisés à visiter le parc national d’Uluru-Kata Tjuta dans lequel ils peuvent se promener ou découvrir le patrimoine indigène.

« Me promener et voir le rocher me suffisent », a déclaré à l’AFP, Masahira Suda, un touriste japonais resté au pied du rocher.

Sans pour autant juger ceux qui ont entrepris d’escalader Uluru, le jeune homme de 25 ans a préféré s’abstenir de faire de même pour se conformer à la demande de la population autochtone.

« J’ai vraiment du respect pour eux, » dit-il.

Au cours des derniers mois, les touristes ont afflué sur le site, désireux de le visiter avant l’entrée en vigueur de l’interdiction.

Dans les 12 mois précédant le mois de juin, plus de 395.000 personnes ont visité le Parc national Uluru-Kata, soit 20% de plus que l’année précédente, selon Parks Australia.

Seuls 13% d’entre eux cependant ont fait l’ascension d’Uluru.

Le ministre des Affaires indigènes Ken Wyatt a comparé cet afflux à « une ruée de gens qui voudraient escalader le Mémorial australien de la guerre ».

« Nos objets sacrés, communauté par communauté, sont d’une importance absolue dans l’histoire de cette nation de peuples », a-t-il déclaré à la chaîne Australian Broadcasting Corporation (ABC).

Samedi marque le 34e anniversaire de la remise du titre du parc à ses propriétaires traditionnels.

© AFP

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