Au Guatemala, premiers succès dans la préservation d’une réserve de biosphère

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Des femmes sélectionnent des feuille de « xate, un petit palmier dont le feuillage est utilisé pour les décorations florales, le 26 septembre 2019 à Uaxactun, au Guatemala
© AFP Johan ORDONEZ

Dans un entrepôt d’Uaxactun, un village du nord du Guatemala, Dominga Chuc fait l’inventaire des feuilles de « xate », un petit palmier dont le feuillage ornemental est commercialisé par sa communauté, chargée en échange de participer à la protection de la principale réserve forestière du pays.

Avec Dominga, une quarantaine de femmes s’affairent à sélectionner et conditionner les belles feuilles de Chamaedorea elegans, cueillies dans la concession de milliers d’hectares de forêt tropicale confiés à la communauté indigène dans la Réserve de biosphère Maya, créée en 1990 dans le département de Peten.

La réserve, qui couvre 2,2 millions d’hectares, est considérée comme une des plus vastes forêts tropicales au nord de l’Amazone. Elle est sous la constante menace d’incendies et de déforestation par les agriculteurs et éleveurs, et sous la pression des incursions des cartels de la drogue.

Depuis plus de 20 ans, l’administration guatémaltèque chargée des zones protégées a mis en oeuvre une politique de concessions pour l’exploitation durable de bois et d’autres produits de la forêt. Une approche qui donne des résultats positifs, selon l’avis unanime des autorités, des défenseurs de l’environnement et des populations autochtones.

« Nous exploitons la feuille de xate, utilisée comme ornement floral dans les temples luthériens des Etats-Unis (…) cela nous fournit de l’argent et des emplois », explique Dominga en faisant visiter à l’AFP l’entrepôt construit par la communauté avec le bois de la forêt.

La population d’Uaxactun, qui compte 1.700 personnes, vit aussi de la cueillette de poivre et de la résine destinée à la fabrication de chewing-gum, ainsi que de l’activité touristique générée par la visite des sites archéologiques mayas disséminés dans la forêt.

Pour Mario Vasquez, responsable du Parc national de Yaxha-Nakum-Naranjo, à environ 45 km d’Uaxactun, il ne fait aucun doute que la politique de concessions et le travail en collaboration avec les communautés indigènes a permis de protéger cette zone sensible.

Yaxha-Nakum-Naranjo et Uaxactún font partie d’une zone de 1,1 million d’hectares où ont été attribuées neuf concessions forestières communautaires, selon un rapport des autorités datant de 2018.

Ces concessions ont permis en 2017 d’enregistrer pour la première fois depuis que des relevés sont effectués un « chiffre positif » en matière de couverture forestière, selon le rapport, même si cette augmentation d’environ 1 hectare reste symbolique.

« Les comununautés ne pensent plus à s’approprier des terres (pour l’agriculture) dans le parc (national), mais elles pensent au contraire aux nombreuses opportunités que leur ouvrent le tourisme et l’exploitation durable » des ressources de la forêt, se félicite Mario Vasquez.

Les autochtones se sont ainsi organisés en associations d’artisans, de producteurs de fruits, de guides touristiques ou de loueurs de pirogues pour parcourir les nombreux cours d’eau de la région.

« Nous travaillons ensemble car, eux comme nous, nous avons les mêmes buts, nous voulons protéger la région », souligne Mario Vasquez.

© AFP

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