La « crise climatique » au coeur de la campagne démocrate pour la Maison Blanche

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Un champ de soja détruit par des inondations à Omaha, dans le Nebraska, le 3 mai 2019
© AFP/Archives Johannes EISELE

Washington (AFP) – Face à un Donald Trump sceptique sur le changement climatique, les candidats à l’investiture démocrate pour la présidentielle américaine ont placé cette « menace existentielle » au coeur de leur campagne, avec des propositions détaillées et un forum télévisé marathon.

Alors que l’ouragan Dorian se rapprochait de la côte sud-est des Etats-Unis mercredi soir après avoir dévasté une partie des Bahamas, 10 candidats démocrates –sur les 20 toujours en lice– se sont succédé sur le plateau de CNN pour parler environnement pendant sept heures.

Tous ont souligné l’urgence de cette « crise climatique », en promettant de réduire à zéro les émissions de dioxyde de carbone d’ici 2050 au plus tard, grâce à des milliers de milliards d’investissement.

Si des divergences sont apparues dans l’ampleur et la teneur des programmes, tous se sont accordés pour défendre « la science » face à Donald Trump, un climato-sceptique qui a retiré dès 2017 les Etats-Unis de l’accord de Paris.

Tous ont d’ailleurs promis de rejoindre cet accord en cas de victoire à la présidentielle de novembre 2020.

« C’est dangereux: nous sommes le pays le plus puissant de la Terre. Nous devrions mener le monde vers une transition énergétique mondiale mais nous avons un président qui pense que cela n’est pas réel. C’est stupide », a tonné Bernie Sanders, sénateur indépendant en deuxième place des sondages pour la primaire démocrate.

Le changement climatique est une « menace existentielle », a déclaré l’ancien vice-président Joe Biden, favori dans les sondages.

Ce candidat centriste a salué le « Green New Deal », ambitieux programme de lutte contre le changement climatique porté par les candidats les plus progressistes, comme Bernie Sanders et la sénatrice Elizabeth Warren.

Ce projet, co-présenté au Congrès par la jeune élue démocrate Alexandria Ocasio-Cortez, a permis de mettre le sujet « sur le devant de la scène », a reconnu Joe Biden, tout en affirmant que son propre plan était plus détaillé.

Il prévoit quelque 5.000 milliards d’investissements, face aux 16.300 milliards suggérés par Bernie Sanders, le maximum parmi les candidats.

Interrogé sur les inquiétudes des employés des secteurs polluants, notamment dans les bassins industriels qui ont justement voté pour Donald Trump en 2016, Joe Biden a offert une vision optimiste: « Il s’agit d’une immense opportunité. Nous pouvons créer 10 millions d’emplois » bien payés.

Sur le rôle que pourraient jouer les autorités publiques dans le développement des énergies renouvelables, une divergence nette est apparue entre le socialiste Bernie Sanders et la pourfendeuse de Wall Street Elizabeth Warren, qui s’est un jour décrite comme une « capitaliste jusqu’à la moelle » mais en faveur d’une meilleure régulation.

Le « gouvernement fédéral est le meilleur moyen d’avancer radicalement en direction de la production d’énergie durable », a affirmé le sénateur, tandis que Mme Warren a répondu ne pas en être « certaine ».

« Si quelqu’un veut faire des bénéfices en construisant de meilleurs panneaux solaires et en générant un meilleur stockage d’énergie, je n’y suis pas opposée ».

D’autres schismes entre candidats sont apparus autour du nucléaire, avec Bernie Sanders farouchement opposé à son développement tandis que d’autres, comme le sénateur Cory Booker, ont vigoureusement défendu cette option pour parvenir à l’élimination des émissions de dioxyde de carbone à temps.

C’est après le refus du parti démocrate d’organiser un débat uniquement centré sur l’environnement que cette émission marathon a été programmée.

Signe de la place centrale qu’à désormais pris la question chez les démocrates, l’autre chaîne câblée MSNBC organisera d’autres forums de candidats sur le climat les 19 et 20 septembre.

Et Donald Trump lui-même s’est invité dans le débat, en tweetant alors que l’émission démarrait.

« Les propositions +environnementales+ destructrices des démocrates feront augmenter votre facture d’électricité et les prix à la pompe », a-t-il mis en garde.

« L’accord très bancal de Paris sur le climat protège les pollueurs, frappe les Américains et coûte une fortune », a-t-il ajouté.

De quoi mettre tous les démocrates d’accord: l’urgence numéro un est pour eux de battre le républicain.

« 2020 est la date limite », a souligné le jeune maire démocrate Pete Buttigieg.

« Car si nous n’avons pas déjà bien avancé lorsque le prochain président prendra ses fonctions, alors nous aurons vraiment raté notre dernière chance ».

© AFP

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