Polluants détectés chez les Français : quelles sources et quels dangers?

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Substances polluantes en france

Une boutique indique que ses tickets de caisse ne contiennent pas de bisphénol A, le 9 mai 2014 à Paris
© AFP/Archives JOEL SAGET

Une vaste étude publiée mardi met en évidence l’imprégnation de la population française par six familles de substances polluantes. Que sait-on sur ces produits et leur dangerosité ? Quelles sont les sources de contamination possibles ?

Les bisphénols

Ces substances entrent dans la fabrication de certains plastiques très répandus. On les trouve dans des emballages alimentaires (intérieur des boîtes de conserve, film étirable…), des peintures ou encore des équipements électriques (bouilloires…), mais aussi des tubulures médicales ou des résines utilisées pour les soins dentaires.

« Les bisphénols A, S et F ont été détectés dans la quasi-totalité des échantillons », indique Santé publique France, avec par exemple une moyenne de 2,69 microgrammes par gramme de créatinine chez les 900 adultes testés.

Les concentrations sont plus élevées chez les personnes consommant des aliments pré-emballés ou aérant moins régulièrement leur logement, constate l’organisme public.

Le bisphénol A (BPA) est défini comme perturbateur endocrinien par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et classé comme « substance extrêmement préoccupante » par l’Agence européenne des substances chimiques (ECHA) du fait de son effet « présumé toxique pour la reproduction ». Il est aussi suspecté d’être associé à d’autres maladies (diabète, cancer, maladies cardiovasculaires, etc.)

Les bisphénols S et F sont utilisés comme alternatives au bisphénol A depuis l’interdiction de ce dernier dans les biberons en 2011 puis dans l’ensemble des emballages alimentaires en France, en 2015. Pourtant, « certaines études montrent qu’ils jouent un rôle de perturbateur endocrinien similaire au BPA », souligne Santé publique France.

Les phtalates

Ces substances sont aussi présentes dans des emballages alimentaires, mais également des jouets, les sols en vinyle, des produits cosmétiques et ménagers, etc.

Sur neuf molécules appartenant à cette famille, les résidus de six d’entre eux ont été retrouvés dans 50% à 99% des échantillons, ce qui montre qu’ils « continuent d’être omniprésents » dans notre environnement malgré les « restrictions d’usage » de certains d’entre eux.

« Les phtalates sont considérés comme des perturbateurs endocriniens », souligne Santé publique France, avec des effets suspectés sur le système reproducteur masculin et sur la fonction thyroïdienne, ainsi qu’un risque de développement perturbé en cas d’exposition prénatale.

« L’alimentation participerait à 90% de l’exposition totale ».

Les parabènes

Ces produits servent de conservateurs dans des cosmétiques (maquillage, crèmes, produits capillaires…), des lingettes, et, pour certains, dans des médicaments et en additifs alimentaires (confiseries, viandes transformées, édulcorants…).

Au sein de cette famille de produits, plus la molécule est « longue » plus ses propriétés antibactériennes sont élevées, mais plus elle est nocive.

Le méthyl-parabène a été détecté « chez plus de 90% des adultes et des enfants », devant le propyl-parabène et l’étyhl-parabène, retrouvés dans la moitié des échantillons. Les autres molécules de cette famille étaient rarement présentes.

L’imprégnation observée « augmentait avec l’âge, la fréquence d’utilisation de crèmes ou de soins pour le corps et avec l’utilisation de cosmétiques ou de vernis à ongles ».

La concentration des parabènes autorisés dans les cosmétiques est limitée par la réglementation européenne, mais « les effets sur la santé des expositions à de faibles concentrations en parabènes ne sont pas connus », souligne Santé publique France.

Les éthers de glycol

Ces solvants entrent dans la composition de peintures, vernis, colles, produits ménagers, cosmétiques et phytosanitaires.

Ils sont suspectés d’entraîner des effets toxiques sur la reproduction et le développement (diminution de la fertilité masculine, augmentation du risque d’avortements spontanés, malformations foetales) et d’être toxiques pour le sang.

« L’ensemble de la population (adulte et enfant) était exposé » à au moins un des huit résidus recherchés, avec un niveau d’imprégnation associé avec l’utilisation de cosmétiques et de produits ménagers.

Les retardateurs de flamme bromés (RFB)

Ces produits très persistants dans l’environnement sont incorporés, de façon réglementée, pour ralentir l’inflammation des matières combustibles dans de nombreux biens de consommation: appareils électroniques (téléviseurs, ordinateurs), textiles (vêtements, rideaux), voitures (sièges, plastiques), meubles (mousses, capitonnages) matériaux de construction (résines, câbles)…

Seules certaines formes ont été retrouvées par Santé publique France avec, comme facteurs associés à une concentration élevée, le temps passé en voiture et l’aération des logements.

« Peu d’études » permettent « d’estimer l’impact sanitaire d’une exposition aux RFB » mais quelques unes mettent en évidence des risques pour le système nerveux, la reproduction et la fonction thyroïdienne notamment.

Les composés perfluorés

Cette famille de produits a de nombreuses applications : traitements antitaches et imperméabilisants, enduits résistants aux matières grasses (emballages alimentaires), revêtements antiadhésifs, cosmétiques, produits phytosanitaires (pesticides et insecticides)…

Sur 17 composés recherchés, sept ont été retrouvés chez plus de 40% des adultes (et six chez plus de 40% des enfants). Le PFOA et le PFOS étaient présents chez 100% des participants.

La consommation de produits de la mer, de légumes et les travaux manuels et de bricolage favorisent une imprégnation élevée.

« Leur persistance dans l’environnement » et « leur toxicité suspectée (cancérogénicité, perturbateur endocrinien, immuno-toxicité, métabolisme lipidique ou de la thyroïde…) en font des substances à surveiller ».

© AFP

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