Le chef indien Raoni à Bordeaux pour un festival sur l’Amazonie

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Le chef indien Raoni à Bidart (Pyrénées-Atlantiques), le 26 août 2019
© AFP/Archives GAIZKA IROZ

Le cacique amazonien Raoni est la tête d’affiche du festival « d’éco-mobilisation » Climax, de jeudi à dimanche à Bordeaux, dont le thème cette année -« L’Amazonie ou le déracinement du monde »- résonne avec l’actualité.

La plus grande forêt tropicale du monde est grignotée depuis des semaines par des incendies, dont les spécialistes estiment qu’ils sont largement dus à la déforestation, qui a rapidement progressé au Brésil sous le nouveau président Jair Bolsonaro.

« Quand on a décidé du thème de notre festival pour 2019, Bolsonaro n’était pas encore président mais il montait dans les sondages », a expliqué mercredi en conférence de presse Philippe Barre, fondateur de l’écosystème Darwin, qui organise « Climax » pour la sixième fois.

« On se disait qu’une autre grande démocratie basculait dans le populisme réactionnaire, qu’il fallait manifester notre soutien aux peuples autochtones. Malheureusement, l’actualité nous a donné cruellement raison ».

Une semaine après avoir rencontré Emmanuel Macron à Biarritz à la clôture du sommet du G7, où la situation en Amazonie avait été au coeur des débats et où il avait demandé son aide au président français, Raoni et une délégation de chefs autochtones amazoniens sont à Bordeaux pour porter leur message.

« Je n’accepte pas qu’on continue à tuer les peuples autochtones du Brésil, qu’on poursuive l’exploitation minière et forestière de la forêt (amazonienne) et qu’on la remplace par des grandes exploitations agricoles », a déclaré le chef du peuple kayapo, 89 ans, via deux interprètes.

« Il faut que cette violence cesse », a ajouté cet adversaire déclaré de M. Bolsonaro.

A ses côtés, Kaiulu, représentante des femmes du peuple Xingu, a lancé un vibrant appel. « Je demande au monde qu’il nous aide: la forêt est notre maison, notre supermarché, notre pharmacie. Si elle meurt, nous mourrons. Au Brésil, nous n’avons pas la liberté de parler comme ici. Ce gouvernement (brésilien) dit que nous sommes des retardés en matière de développement mais ce n’est pas vrai ».

Selon Tapi, cacique Yawalapiti, il ne reste aujourd’hui que 150 des quelque 1000 langues parlées au Brésil avant l’arrivée de l’homme blanc.

Raoni, fait mercredi citoyen d’honneur de la ville de Bordeaux, livrera son témoignage samedi après une conférence sur le « déracinement des sociétés modernes » à laquelle participeront le sociologue Edgar Morin et l’ex-ministre de l’Ecologie Nicolas Hulot.

D’après les organisateurs, une douzaine de conférences ainsi que des concerts, des projections et des performances artistiques sont prévus jusqu’à dimanche à Darwin, lieu alternatif d’environ 10.000 m2 situé sur une ancienne caserne militaire.

© AFP

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