Amazonie : manifestation à Londres pour sauver « les poumons en feu » de la planète

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Manifestation devant l’ambassade du Brésil à Londres, appelant à sauver l’Amazonie, le 23 août 2019
© AFP ISABEL INFANTES

Londres (AFP) – Environ 300 personnes se sont rassemblées vendredi devant l’ambassade du Brésil à Londres appelant à sauver l’Amazonie ravagée par des incendies, initiant une série de manifestations prévues à travers le monde en faveur du poumon « en feu » de la planète.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson est « extrêmement préoccupé » par la situation en Amazonie, a rapporté une porte-parole du gouvernement, sans plus de précision, à la veille du sommet du G7 à Biarritz (France), où les dirigeants français Emmanuel Macron, allemand Angela Merkel et canadien Justin Trudeau entendent évoquer les incendies massifs au Brésil.

Les manifestants à Londres arboraient des panneaux « Arrêtez la destruction maintenant », « Sauvez notre planète », « Je veux que vous paniquiez », ainsi que le logo du mouvement écologiste Extinction Rebellion (XR), qui avait appelé à ce rassemblement sous le slogan « Nos poumons sont en feu ».

« Sauvez l’Amazonie! », « Aimez-vous vraiment plus les hamburgers que l’oxygène? », criaient-ils aussi depuis le trottoir opposé à l’ambassade, tenus à distance par des barrières de la police. Parmi eux, de nombreux enfants accompagnés de leurs mères, dessinant à la craie par terre, soufflant des bulles de savons ou fabriquant des couronnes de feuilles.

« Je suis très préoccupée par le changement climatique, et tout particulièrement par l’impact de l’élevage en Amazonie et sur la planète », a expliqué à l’AFP Lucy Brown, 41 ans, qui travaille dans le secteur caritatif et est venue avec ses deux enfants de 2 et 4 ans.

« Nous avons tous vu ces images horribles et nous voulons faire quelque chose en solidarité avec les gens au Brésil », a abondé Luisa Brown, professeure d’anglais de 36 ans. « Nous avons des enfants et nous voudrions qu’ils grandissent dans un monde encore doté de ses poumons », a-t-elle ajouté.

Le président brésilien Jair Bolsonaro, un climato-sceptique, était sous pression internationale vendredi alors que les feux dans la plus vaste forêt tropicale de la planète se propagent rapidement.

« L’attitude de Bolsonaro est répugnante », s’est indigné Graham Cox, 57 ans, réparateur d’appareils électroménagers. « C’est un Donald Trump brésilien, il ne veut que le profit, et maintenant il tient les ONG pour responsables ».

Selon l’Institut national de recherche spatiale (INPE) du Brésil, il y a eu près de 2.500 nouveaux départs de feu en l’espace de 48 heures dans l’ensemble du Brésil. La déforestation, qui avance rapidement, est la principale cause des départs de feu.

D’après l’INPE, 75.336 feux de forêt ont été enregistrés dans le pays de janvier jusqu’au 21 août — soit 84% de plus que sur la même période de l’an dernier — et plus de 52% concernent l’Amazonie.

Des manifestations étaient également prévues pour l’Amazonie vendredi à Sao Paulo et Rio, ainsi que devant d’autres ambassades et consulats du Brésil à l’appel d’Extinction Rebellion et de « Fridays for Future », le mouvement de la jeune Suédoise Greta Thunberg, égérie de la lutte contre le réchauffement climatique, notamment à Berlin, Madrid, Barcelone et Turin (nord de l’Italie).

A Dublin, une centaine de personnes ont occupé l’entrée d’un bâtiment qui abrite l’ambassade brésilienne, alors que l’Irlande a menacé vendredi de voter contre l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Mercosur si le Brésil ne protège pas la forêt amazonienne.

Lundi, l’antenne d’Extinction Rebellion en Belgique appelle à manifester devant l’ambassade du Brésil à Bruxelles, sous le mot d’ordre « Rebel for the Amazon ». Un rassemblement est également prévu à Lisbonne.

© AFP

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