Climat : le bateau laboratoire Energy Observer rejoint l’océan arctique

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Photo aérienne du bateau laboratoire Energy Observer, premier navire capable de produire son propre hydrogène, au large de Stockholm, le 28 mai 2019. © AFP/Archives Jonathan NACKSTRAND

Photo aérienne du bateau laboratoire Energy Observer, premier navire capable de produire son propre hydrogène, au large de Stockholm, le 28 mai 2019.
© AFP/Archives Jonathan NACKSTRAND

Rennes (AFP) – Le bateau laboratoire Energy Observer, premier navire capable de produire son propre hydrogène a rejoint samedi l’archipel du Svalbard (Norvège), dans l’océan arctique, une étape symbolique de son tour du monde, a-t-on appris auprès des organisateurs.

« Après 5 700 km parcourus depuis Saint-Pétersbourg dans des conditions climatiques défavorables et en autonomie énergétique totale, Energy Observer est arrivé ce samedi 10 août aux îles du Spitzberg à 78° de latitude nord dans l’archipel du Svalbard », a annoncé l’équipage de cette expédition dans un communiqué.

Parti de Russie, Energy Observer a navigué en autonomie énergétique totale et atteint cette région, à l’est du Groenland, menacée par la fonte des glaces et considérée comme « l’épicentre du changement climatique ».

Le bateau a pu tester pour la première fois ses équipements dans des eaux froides à 5°C. « Au-delà du challenge technologique, c’est un message politique que nous souhaitons transmettre », a réagi Jérôme Delafosse, le chef d’expédition, cité dans le communiqué.

« Le Spitzberg représente le ground zero, l’épicentre du changement climatique (…) nous voulions prouver que si on peut naviguer en milieu extrême grâce à ce navire, demain tout le monde pourra vivre grâce aux ENR (énergies renouvelables) et nous aurons un vrai levier pour transformer le monde », estime Jérôme Delafosse.

« On est vraiment les premiers à réaliser ce voyage. C’est chose faite, on est heureux. Cela fait quatre ans qu’on avait cela en tête », a déclaré le chef d’expédition joint par téléphone à l’AFP.

« C’est l’endroit où l’on mesure le mieux l’impact de l’homme sur le climat, c’est un laboratoire assez ouvert, qui permet de prédire ce qui va se passer sur la planète », estime-t-il.

Et de faire part de ses premières observations. « On ne va pas remplacer les glaciologues, mais ces glaciers, on a pu en voir, il y en a partout, ils sont étonnants parce qu’ils avancent de 16 m par jour. Ils fondent et se jettent dans la mer à une vitesse hors du commun. C’est un des effets du changement climatique encore mal abordé », a-t-il souligné.

Pour Energy Observer, il s’agissait aussi de valider le fonctionnement de ses « Oceanwings », ces ailes de 12 m d’envergure qui l’équipent depuis mi-avril. Entièrement automatisées, rotatives à 360° et pouvant s’affaler, ces ailes augmentent la vitesse du navire et soulagent ses moteurs.

Les porteurs du projet qui visent l’objectif d’une autonomie énergétique pour traverser ensuite l’Atlantique et le Pacifique pour terminer le tour du monde d’ici à 2022, espèrent aussi que cette technologie puisse être adaptée aux cargos de transport maritime ou aux navires de croisières.

Lors de sa première expédition commencée en juin 2017, ce laboratoire énergétique couvert de panneaux photovoltaïques a parcouru plus de 10 000 milles marins en France et en Méditerranée, utilisant principalement l’énergie solaire, mais aussi l’hydrogène produit par électrolyse à partir d’eau de mer.

Energy Observer, est un ancien catamaran de 30,5 m de long pour 12,80 m de large, qui était à l’origine un voilier de course construit en 1983 au Canada.

© AFP

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