Déforestation et réchauffement, une addition mortelle pour la vie sauvage

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Vue aérienne, le 29 mai 2019, de la savane du Cerrado entourant des champs agricoles à Formosa do Rio Preto, à l'ouest de l'Etat de Bahia. © AFP NELSON ALMEIDA

Vue aérienne, le 29 mai 2019, de la savane du Cerrado entourant des champs agricoles à Formosa do Rio Preto, à l’ouest de l’Etat de Bahia.
© AFP NELSON ALMEIDA

Paris (AFP) – La déforestation tropicale galopante, combinée aux changements climatiques, empêche les espèces sauvages de se déplacer vers des climats plus frais, augmentant le risque d’extinction qui pèse sur elles, ont alerté lundi des chercheurs.

Moins des deux cinquièmes des forêts d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique permettent actuellement aux animaux et aux plantes d’échapper à des augmentations de température potentiellement intolérables, soulignent-ils dans la revue Nature Climate Change.

« La disparition des forêts tropicales entre 2000 et 2012 a entraîné la perte d’une étendue supérieure à la taille de l’Inde qui était à même de protéger les espèces des effets du changement climatique », déclare à l’AFP Rebecca Senior, professeur à l’université de Sheffield.

« Non seulement la perte de forêt supprime directement leur habitat mais elle rend également plus difficile le déplacement des espèces », relève-t-elle.

L’absence de voies permettant aux animaux de migrer vers des habitats plus frais signifie que le réchauffement climatique « entraînera probablement l’extinction d’espèces vulnérables sur un plan national mais aussi mondial », ajoute-t-elle.

Au rythme actuel du changement climatique, les animaux et les plantes tropicaux, même s’ils parviennent à se déplacer vers des zones actuellement plus fraîches, pourraient, en moyenne, être exposés en 2070 à un environnement de 2,7°C plus chaud qu’au cours de la seconde moitié du XXe siècle, selon l’étude.

Dans le scénario le plus favorable, où l’humanité parviendrait à limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport au début de l’ère industrielle une perspective de plus en plus improbable, les espèces des régions tropicales subiraient toujours une hausse de 0,8°C en 2070.

L’Accord de Paris sur le climat de 2015 enjoint aux nations de maintenir le réchauffement « bien en dessous » de 2°C.

Colibris

La hausse d’un seul degré depuis la Révolution industrielle a déjà renforcé la fréquence et l’intensité des vagues de chaleur, des sécheresses et des tempêtes tropicales.

Lors de précédents changements climatiques, les espèces animales et végétales ont toujours grimpé ou descendu des montagnes, se sont rapprochées ou éloignées des pôles, ou se sont dirigées vers des eaux plus froides ou plus chaudes. Mais ces changements ont rarement été aussi rapides et ils n’ont jamais été combinés à une fragmentation extrême de l’habitat.

« Les espèces tropicales sont particulièrement sensibles aux changements de température », déclare Rebecca Senior. « La plupart se trouvent nulle part ailleurs sur la planète et constituent une proportion énorme de la biodiversité mondiale. »

De nombreuses études ont montré à quel point la hausse des températures avait obligé la faune et la flore à adapter leur comportement de manière à conserver leur capacité à se nourrir, à se reproduire, ou les deux.

© AFP

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