Loi énergie et climat : vers la fermeture des dernières centrales à charbon

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La centrale de Cordemais en Loire-Atlantique, le 27 octobre 2016 © AFP/Archives LOIC VENANCE

La centrale de Cordemais en Loire-Atlantique, le 27 octobre 2016
© AFP/Archives LOIC VENANCE

Paris (AFP) – L’Assemblée nationale a donné son feu vert jeudi soir pour permettre au gouvernement de procéder à la fermeture des quatre dernières centrales à charbon d’ici 2022, lors de l’examen du projet de loi énergie et climat.

La mesure, adoptée par 48 voix et 5 abstentions, prévoit qu’un décret plafonnera les émissions de gaz à effet de serre émises par les installations de production d’électricité à partir de combustibles fossiles situées en métropole « et émettant plus de 0,550 tonne d’équivalents CO2 par heure ».

Cela « conduira les exploitants des centrales à cesser l’exploitation des tranches fonctionnant au charbon ».

Est également prévu : un accompagnement spécifique pour les salariés des centrales concernées et leurs sous-traitants, environ 670 emplois directs et 740 indirects selon l’étude d’impact accompagnant le texte.

Deux des centrales à charbon appartiennent à EDF et sont situées à Cordemais (Loire-Atlantique) et au Havre (Seine-Maritime). Les deux autres, propriétés de l’Allemand Uniper, se trouvent à Gardanne (Bouches-du-Rhône) et Saint-Avold (Moselle). Le groupe EDF a annoncé début juin qu’il fermera celle du Havre au printemps 2021.

« C’est un choix important en matière énergétique de tourner une page (…) et c’est concrètement la transition énergétique », a affirmé le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Il a ajouté que sur « beaucoup de ces territoires, d’autres activités de production énergétique, d’énergies renouvelables ou d’activité industrielle liées aux énergies renouvelables vont prendre le relais ».

Le charbon représente « 1,8% » de la part de production d’électricité, « mais c’est 35% des émissions que nous allons réduire », a souligné Célia de Lavergne, responsable du texte pour LREM, en se félicitant d’accomplir « un grand pas vers la neutralité carbone en 2050 ».

Sur la fermeture des centrales, Laure de la Raudière (UDI-Indépendants) a loué « une décision courageuse » puis l’ancien « marcheur » Matthieu Orphelin (non inscrit), proche de Nicolas Hulot, a salué « une avancée majeure ».

Julien Aubert (LR) a approuvé une mesure « qui va dans la bonne direction » tout en appelant l’exécutif à « ne pas négliger les réalités sociales ».

Hubert Wulfranc (PCF) s’est abstenu, estimant que « l’avenir immédiat des salariés » n’était « pas totalement sécurisé ».

L’ex-ministre de l’Ecologie Delphine Batho (non inscrite) a vu dans le choix de procéder par décret une volonté du gouvernement de « conserver manifestement une marge de souplesse ». « Est-ce en fait pour mettre en veille ces centrales tout en gardant la possibilité de les faire tourner quelques heures ? », a-t-elle demandé.

Mme Batho a, comme le groupe socialiste et les Insoumis, réclamé en vain la fermeture des centrales en 2022 sans passer par la voie réglementaire.

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