L’Occitanie veut faire de l’hydrogène son « or vert »

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Des éoliennes à Avignonet-Lauragais, le 25 janvier 2006 près de Toulouse © AFP/Archives GEORGES GOBET

Des éoliennes à Avignonet-Lauragais, le 25 janvier 2006 près de Toulouse
© AFP/Archives GEORGES GOBET

Toulouse (AFP) – Premier train à hydrogène français dès 2022, première unité de production d’hydrogène sur un aéroport dès l’an prochain : dans la compétition entre régions autour du développement de ce carburant propre, l’Occitanie veut être pionnière.

La présidente de la Région, Carole Delga (PS), qui ambitionne de créer « la première région à énergie positive d’Europe », soumet au vote des élus régionaux le 27 juin un vaste plan « hydrogène vert » de 150 millions d’euros. Un projet « inédit en France à l’échelle d’une collectivité », affirme l’élue.

Ce plan qui s’appuie sur les ressources en énergies renouvelables pour la production « d’hydrogène décarboné », propose une « stratégie intégrée » de recherche, d’investissements et d’accompagnement des projets.

Carole Delga espère ainsi entraîner d’ici 2030 un milliard d’euros d’investissements dans la région qui deviendrait « leader sur l’hydrogène vert ».

« L’hydrogène ne fera sens que si il est produit de façon verte », relève Christophe Turpin, spécialiste de l’hydrogène au sein du laboratoire Laplace (CNRS Toulouse).

Si aujourd’hui, 95% de l’hydrogène est produit à partir des énergies fossiles, l’Occitanie veut développer une filière propre à partir de l’électrolyse de l’eau. Une technique qui consiste à décomposer les molécules d’eau (H20) à l’aide d’un courant électrique.

Stocker les énergies vertes

Pour produire cet hydrogène décarboné, la région compte exploiter ses ressources en énergies renouvelables.

Un secteur où elle ne manque pas d’atouts : elle est la deuxième région de France en capacité de production d’énergie hydraulique avec ses barrages pyrénéens et d’énergie photovoltaïque, la troisième pour l’énergie éolienne.

« Le vent, le soleil sont des énergies intermittentes, donc il faut pouvoir stocker l’électricité pour l’adapter à la consommation. Et, la seule solution pour un stockage à long terme c’est l’hydrogène », affirme Laurent Selle, un autre chercheur qui travaille sur le sujet au sein de l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse.

Pour Christophe Turpin, le plan « hydrogène vert » est ambitieux : « 150 millions d’euros, à l’échelle d’une région c’est beaucoup », estime-t-il, comparant l’enveloppe « aux 100 millions que Nicolas Hulot proposait pour un plan similaire au niveau national ».

« Ce que nous faisons est exceptionnel en termes de budget consacré mais aussi de vision d’objectifs recherchés. Notre stratégie repose sur une vision intégrée de la filière, de la production, à la distribution, aux usages… », assume Carole Delga.

Trains et avions du futur

La région est à l’initiative de deux expériences qui doivent lancer la filière : le projet HyPort sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes début 2020, et un train à hydrogène en 2022 dans les Pyrénées centrales.

Pour ce dernier projet, l’Occitanie a signé un protocole de commande de trois rames « Régiolis à hydrogène » représentant un investissement de 33 millions d’euros avec le groupe Alstom.

Elle emboîte ainsi le pas à la région de Francfort (Allemagne), qui vient de commander au groupe français 27 trains à hydrogène dont le « moteur » est fabriquée dans le site tarbais du groupe.

Cette usine est devenue une spécialiste de la pile à combustible pour le ferroviaire.

Ces nouvelles rames propres doivent permettre la réouverture de la ligne de Montréjeau – Luchon, une liaison fermée en 2014 en raison de la vétusté du caténaire.

Autre projet phare, HyPort, créé en partenariat avec l’énergéticien Engie pour développer des infrastructures de production et de distribution d’hydrogène sur les aéroports de Toulouse-Blagnac et de Tarbes.

L’enjeu : que les avions du futur, les navettes ou les engins de pistes puissent bénéficier d’énergie verte.

Si la feuille de route régionale pour la transition énergétique se concrétise, l’Occitanie pourrait compter d’ici 2030, deux usines de production d’hydrogène, une cinquantaine de station de production et de distribution de plus petites dimensions, une dizaine d’électrolyseurs et plus de 3 000 véhicules à hydrogène.

© AFP

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