Loi Alimentation : l’État doit débloquer 1 milliard d’euros pour la restauration collective

Publié le : Last updated:

Temps de lecture : 2 minutes  

La loi Alimentation impose à la restauration collective dans les cantines scolaires, crèches, hôpitaux, Ehpad, entreprises de servir 20% de produits bio ou en conversion d'ici à 2022 © AFP/Archives MYCHELE DANIAU

La loi Alimentation impose à la restauration collective dans les cantines scolaires, crèches, hôpitaux, Ehpad, entreprises de servir 20% de produits bio ou en conversion d’ici à 2022
© AFP/Archives MYCHELE DANIAU

Paris (AFP) – La Fondation Nicolas Hulot (FNH) souhaite que l’État débloque un milliard d’euros sur trois ans, afin de soutenir la réorganisation nécessaire au secteur de la restauration collective pour atteindre les objectifs fixés par la loi Egalim.

La loi Alimentation (Egalim) impose à la restauration collective, qui sert 3,7 milliards de repas par an, dans les cantines scolaires, les crèches, les hôpitaux, les Ehpad, les entreprises…, de servir 20% de produits bio ou en conversion d’ici à 2022, contre seulement 3% aujourd’hui.

Les établissements du secteur devront aussi mettre fin aux contenants en plastique le 1er janvier 2025 au plus tard, proposer au moins un menu végétarien hebdomadaire, lutter contre le gaspillage alimentaire et informer les consommateurs sur la qualité nutritionnelle des repas servis.

Partenaires depuis des années avec la démarche « Mon Restau Responsable », qui guide un millier de restaurants collectifs vers de nouvelles pratiques, la fondation Nicolas Hulot et le réseau interprofessionnel de la restauration collective Restau’Co, estiment mardi que le « besoin d’investissement de départ » doit aller « jusqu’à 99 centimes par repas, soit 16% du coût complet moyen d’un repas ».

Pour accompagner les établissements publics ou privés gérant en direct la restauration sur les secteurs scolaire, de la santé et médico-social, soit 49 000 restaurants servant 1,8 milliard de repas par an, une aide doit leur être versée, sous forme de prime à l’investissement, à hauteur de 330 millions d’euros chaque année pendant trois ans, estiment-ils.

Cette aide financerait notamment la formation des personnels aux nouvelles pratiques liées à la cuisine végétarienne, à la valorisation des légumes bruts et de saison, à l’achat responsable dans les marchés publics, ainsi que l’achat de matériel (légumeries, tables de tri, composteurs, vaisselle adaptée, bacs inox, salades bars…), ou encore l’organisation de la valorisation des bio-déchets, détaillent la fondation Nicolas Hulot et Restau’Co.

Car les objectifs de la loi Egalim ne pourront pas être atteints « grâce à la seule volonté des acteurs : des investissements massifs seront nécessaires », dit à l’AFP Caroline Faraldo, responsable alimentation et agriculture à la FNH. « Nous l’avons bien vu par le passé », souligne-t-elle : « La loi Grenelle en 2009 fixait des objectifs pour la restauration collective et l’agriculture biologique dès 2012, qui ne sont toujours pas atteints en 2019 ».

Cette analyse se base sur une enquête menée en avril/mai 2019 auprès de 28 gestionnaires en gestion directe représentant 617 restaurants collectifs en milieu scolaire, hospitalier et médico-social, qui ont chiffré le « coup de pouce » nécessaire aux cantines pour « lever le frein financier initial », résume Marie-Cécile Rollin, directrice de Restau’Co.

© AFP

À lire également : Voler les poubelles de supermarchés contre le gaspillage alimentaire

Media Query: