Au Chelsea Flower Show, des jardins du futur face au changement climatique

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Des visiteurs regardent des légumes poussant grâce à la lumière artificielle au Chelsea Flower Show de Londres le 20 mai 2019
© AFP Daniel LEAL-OLIVAS

Londres (AFP) – Et si avoir la main verte pouvait aider à préserver la planète ? Au Chelsea Flower Show de Londres, l’une des plus grandes manifestations horticoles au monde, le jardin de demain répond aux défis du changement climatique.

« Il suffit d’allumer la télé chaque jour pour voir les changements environnementaux, que ce soit la désertification, la sécurité alimentaire ou la déforestation, et pour prendre conscience que sans les plantes, nous allons avoir des problèmes », explique à l’AFP Tom Dixon, qui a réalisé un jardin avec l’enseigne d’ameublement Ikea baptisé ambitieusement « Le jardinage sauvera le monde ».

Tandis que sur les stands alentour du salon, célébration annuelle du génie du jardinage britannique, de délicates pivoines, de splendides lys et des brassées de roses éclatent de couleurs, son jardin sur deux niveaux semble à première vue moins spectaculaire.

Une oasis de verdure composée d’une variété d’arbres, de fleurs et de plantes surplombe un laboratoire où poussent herbes et plantes comestibles sans terre et avec très peu d’eau.

Le designer a voulu montrer que « les plantes sont fondamentales pour notre existence et peuvent avoir plusieurs usages, au-delà de la fonction décorative. Un usage alimentaire bien sûr mais aussi écologique, médicinal et thérapeutique ».

Dans la partie laboratoire sont déployées des techniques de culture hors sol comme l’hydroponie ou l’aéroponie, utilisant moins d’eau que via des méthodes traditionnelles.

L’hydroponie, soit la culture sur un substrat neutre régulièrement irrigué par une solution apportant des sels minéraux et des nutriments essentiels aux plantes s’est « répandue dans des villes comme New York ou Paris où elle est utilisée dans des tunnels, des entrepôts », explique Tom Dixon. « C’est une tendance grandissante mais pas très visible car c’est caché ».

Mur comestible

Un potager s’est ainsi installé il y a quelques années dans un abri anti-aérien de la seconde guerre mondiale à Clapham, un quartier du sud-ouest londonien. Salades et légumes verts y poussent sous une lumière artificielle, fournissant restaurants locaux et Londoniens.

M. Dixon espère déclencher un déclic chez les visiteurs du Chelsea Flower Show qui ouvre mardi. « Tout le monde peut faire pousser des choses », affirme-t-il, convoquant ses souvenirs d’enfant quand, écolier, il faisait pousser des graines de moutarde sur du coton.

« Pas besoin d’avoir un jardin » pour être jardinier, dit en écho à l’AFP Jody Lidgard, designer d’un espace sponsorisé par le centre international Montessori. Dans ce lieu coloré destiné aux enfants, un mur comestible mêle laitues, herbes aromatiques, fraises et champignons tandis que plus loin poussent tomates, blettes et épinards grâce à l’hydroponie.

« Consommer un ou deux repas par an avec des aliments qu’on a soi-même fait pousser peut faire la différence », plaide M. Lidgard, citant un impact pour la qualité des sols et pour la faune.

Selon un rapport du groupe d’experts de l’ONU sur la biodiversité (IPBES) publié début mai, 75% des terres et 66% des océans ont été gravement modifiés par les activités humaines.

Pour Barbara Isaacs, ambassadrice de l’association Montessori St Nicholas, l’enjeu est aussi de conserver le lien des plus petits avec la nature alors que « beaucoup d’enfants pensent que les légumes viennent du supermarché parce qu’ils n’ont jamais eu l’occasion de les planter ou de les récolter ».

© AFP

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