Pollution de l’air : l’Unicef appelle la France à réagir « au plus vite »

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La ville de Marseille sous un nuage de pollution, le 15 février 2019
© AFP/Archives Boris HORVAT

Paris (AFP) – Trois enfants sur quatre respirent un air toxique dans l’Hexagone, s’alarme l’Unicef France, qui appelle les pouvoirs publics à agir « au plus vite » contre la pollution de l’air.

Dans un rapport paru jeudi, le Fonds de l’ONU pour l’enfance appelle, avec des ONG, à la mise en place en ville de zones de circulation restreinte suffisamment ambitieuses, alors que le parlement examine la loi d’orientation des mobilités (LOM).

L’agence onusienne se saisit de ce thème pour la première fois en France.

« Quand on dit air pollué, on pense souvent pays en développement, épais brouillard… », souligne Jodie Soret, de l’Unicef. « Mais en France, 3 enfants sur 4 respirent un air pollué, dit l’OMS. On en connaît de plus en plus les implications, il y a les maladies respiratoires mais on fait aussi le lien avec le diabète, les syndromes dépressifs… »

« Nous appelons au respect des droits des enfants, notamment à vivre dans un environnement sain », ajoute Mme Soret, chargée des relations de l’Unicef avec les pouvoirs publics et coordinatrice de cette campagne.

Les progrès réalisés pour réduire les émissions de NO2 et de particules fines, qui en ville viennent d’abord des transports, restent insuffisants, note le rapport, réalisé en partenariat avec le WWF, le Réseau Action climat et l’association Respire.

L’Unicef, qui veut aussi sensibiliser les citoyens, prône la généralisation de « zones à faible émission » (à circulation restreinte) « ambitieuses », prenant notamment en compte les lieux sensibles (hôpitaux, écoles…) et « pas seulement les hyper-centres ».

Aujourd’hui dans Paris et sa couronne, 27% des établissements recevant du public sensible sont exposés au dépassement des seuils réglementaires de NO2, ainsi que 31% des établissements sportifs, note le rapport, citant Airparif — sachant que les taux de pollution peuvent varier d’une rue à l’autre.

L’Unicef en appelle aux élus locaux et nationaux, notamment la ministre de la Santé Agnès Buzyn: « Il est encore temps de protéger la santé des enfants qui grandissent en ville ».

Parmi les mesures recommandées, encourager mieux les mobilités douces (voies réservées, forfait pour les salariés, apprentissage du vélo avant la 6ème…), tarifer les transports en commun selon les revenus, réguler la circulation aux abords des écoles (piétonnisation ou semi-piétonnisation).

Le rapport cite de nombreuses études, mais déplore le manque de données propres aux jeunes populations.

Les enfants, dont l’organisme est immature, sont vulnérables: leur fréquence respiratoire est 1,5 fois plus élevée que celle d’un adulte, leurs activités en extérieur plus fréquentes, et ils sont moins capables d’agir pour se protéger.

« La pollution de l’air provoque de l’asthme et favorise les poussées d’eczéma, et elle aggrave les pathologies respiratoires de ceux qui en ont », souligne Jocelyne Just, chef du service d’allergologie pédiatrique à l’hôpital Trousseau à Paris, dont l’Unicef a sollicité l’expertise.

La France est poursuivie par l’UE pour non-respect dans 14 agglomérations de normes européennes pourtant moins strictes que les recommandations de l’OMS.

© AFP

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