« Aux arbres, citoyens! »: nouvelle mobilisation en France autour du climat

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marche pour le climat

Marche pour le climat à Paris, le 27 janvier 2019
© AFP Christophe ARCHAMBAULT

Paris (AFP) – « Changeons le système, pas le climat »: avec ce slogan devenu un leitmotiv, des dizaines de milliers de personnes, dont beaucoup de familles, ont manifesté dimanche à travers la France mais aussi en Belgique, malgré la pluie, contre l’inaction des Etats et des sociétés face au réchauffement climatique.

Plus de 80.000 personnes ont manifesté ce week-end dans plusieurs dizaines de villes françaises, et 70.000 à Bruxelles, selon un groupe de collectifs et d’ONG apparus cet automne et déterminés à manifester chaque mois.

Cette nouvelle mobilisation avait été lancée avec l’espoir de surfer sur l’élan de la pétition d’ONG pour un recours contre l’Etat pour inaction climatique qui a réuni plus de 2 millions de signatures, du jamais vu pour une pétition en ligne.

Les rassemblements n’ont toutefois pas été de l’ampleur des manifestations précédentes, qui avaient réuni parfois jusqu’à environ 100.000 personnes globalement à travers le pays en septembre, octobre et décembre. Quelques « gilets jaunes » étaient visibles parmi la foule dans plusieurs villes.

« Des oignons, pas du béton », « moins de consommation, plus de papillons », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants sur la place de la République à Paris, où des débats ont été organisés sous la pluie.

« C’est un mouvement qui s’enracine et qui se diversifie », a commenté sur France Inter François Dubreuil du collectif « Unis pour le climat ». Un collectif qui dit remarquer la participation de « profils » différents des militants, notamment des familles, en nombre dimanche dans plusieurs villes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

A Paris, Stéphane Dierick, venu avec ses trois enfants et sa femme, appelle à multiplier « les petits gestes pour le climat: tenter le zéro déchet, bannir la voiture ».

« Je suis là pour essayer de ralentir le réchauffement climatique et de faire en sorte que ma fille et mon bébé aient la meilleure planète possible, il est encore temps », a affirmé à l’AFP Charlotte, une Strasbourgeoise enceinte de son deuxième enfant et venue avec sa fille de 15 mois.

« Aux arbres, citoyens », « quand c’est fondu, c’est foutu », lisait-on sur les pancartes brandies dans la capitale alsacienne où se sont rassemblées environ 1.850 personnes selon les organisateurs, 1.650 selon la police.

A Lyon, 5.000 personnes selon les organisateurs se sont donné la main pour former une chaîne humaine pour encercler la presqu’île dans l’hyper-centre.

A Marseille, plusieurs centaines de personnes ont participé à deux flashmobs, restant figés dans des positions diverses durant cinq minutes avant de chanter « Nous, nous changerons ». Cela « représente l’immobilisme, le déni et la peur qui fige la société face à l’urgence climatique », commente un collectif.

A Montpellier, des pancartes se sont adressées au président la République, « Macron, trop d’émissions », tandis qu’à Nice, 3.000 personnes selon les organisateurs pris part à un « village des alternatives ».

Plusieurs centaines de personnes à Compiègne dans l’Oise, Dunkerque, Reims, Troyes ou Lille, où déjà un millier de manifestants avaient défilé samedi avant de terminer le parcours avec les « gilets jaunes ».

« Il y a de plus en plus de gens qui sont sensibles à ces questions », a expliqué Anna, organisatrice de l’événement à Compiègne.

Certains, comme Gaëtan à Bordeaux, appelait à la « désobéissance civile », voyant « avec le mouvement des +gilets jaunes+, une fenêtre historique de convergence entre justice sociale et lutte pour l’environnement ».

« There is no Planet B », « Plus de banquises, moins de banquiers », a-t-on écrit sur des banderoles à Bordeaux, où une grande chaîne humaine a bravé les rafales de pluie.

Hors France, environ 70.000 personnes ont défilé dimanche à Bruxelles, depuis la gare du Nord jusqu’au Parlement européen.

Prochain rendez-vous, le 15 mars, pour l’appel à la grève des écoliers lancé par l’adolescente suédoise Greta Thunberg. Un signal d’alarme voulu pour interpeller les dirigeants alors que le monde a déjà gagné +1°C, entraînant sécheresse, inondations et tempêtes et que les engagements nationaux actuels de réduction des gaz à effet de serre nous dirigent vers +3°C.

© AFP

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