Face aux « gilets jaunes », Macron veut un « pacte social »

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Action de « gilets jaunes » près de l’A7 à hauteur d’Orange, le 26 novembre 2018
© AFP Boris HORVAT

Paris (AFP) – Après plus d’une semaine de fronde des « gilets jaunes », l’exécutif assure vouloir garder le cap de la transition écologique. Mais avec un « pacte social » d’accompagnement dont certaines mesures sont détaillées lundi en Conseil des ministres, et qu’Emmanuel Macron doit expliquer mardi.

En attendant, le mouvement de protestation protéiforme contre notamment la hausse des taxes sur les carburants et le manque de pouvoir d’achat se poursuit avec plusieurs blocages notamment à Strasbourg, Colmar, ou des barrages filtrants à certains péages, notamment à la frontière espagnole.

Des actions parfois émaillées de violences dénoncées par l’exécutif qui pointe du doigt l’ultradroite, voire comme le ministre Gérald Darmanin « la peste brune ».

Lors de la deuxième journée nationale de mobilisation, plus de 100.000 personnes se sont rassemblées samedi. A Paris, où les images d’échauffourées sur les Champs-Elysées ont fait le tour du monde, 47 personnes ont déjà été présentées à la justice sur un total de 103 interpellations.

La ministre des Outre-mer Annick Girardin a annoncé qu’elle irait mercredi à la rencontre des « gilets jaunes » à La Réunion, qui a connu des violences la semaine dernière et où le nombre de barrages est reparti à la hausse lundi. Elle doit y faire des annonces notamment sur le coût de la vie.

Certains « gilets jaunes » envisagent déjà un acte III le 1er décembre. « Si le gouvernement ne répond pas concrètement, on va avoir un mouvement encore plus fort », a mis en garde Jose Espinoza, coordinateur des « gilets jaunes » à Montreuil. Pour lui, c’est « un mouvement qui vient de loin » après plusieurs années de « baisse de pouvoir d’achat », les pauvres ayant l’impression « de payer pour les riches ».

Le mouvement révèle des « fractures sociales » et le gouvernement doit y « apporter des réponses concrètes », avec davantage de « services publics dans les territoires » et « d’aide au pouvoir d’achat », a affirmé lundi le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger.

Emmanuel Macron a dit vouloir répondre « aux classes moyennes et laborieuses ». Et profiter de la présentation mardi de la programmation pluriannuelle de l’énergie jusqu’en 2028, pour « redonner le cap pour ce qui est de la transition énergétique ». Il « va donner une nouvelle méthode pour que cette transition soit la plus juste possible », dit l’Elysée.

« Le tournant de demain ne porte pas sur le contenu de notre politique, il porte sur la méthode : comment nous pouvons associer les citoyens, leurs représentants – associations, syndicats, corps intermédiaires – et les élus locaux », a expliqué le patron des députés LREM Gilles Le Gendre lundi sur LCI.

Pour réduire la pollution, certaines mesures d’accompagnement ont déjà été annoncées par le gouvernement, comme l’élargissement du chèque énergie pour aider les ménages modestes ou encore la super prime à la conversion.

Lundi, d’autres dispositifs visant à favoriser les transports moins polluants devaient être détaillés par la ministre des Transports Élisabeth Borne à l’occasion de sa présentation en Conseil des ministres de son projet de loi d’orientation pour la mobilité.

Le gouvernement a préféré exclure les péages urbains du projet de loi, faute de villes candidates et pour ne pas « accentuer les fractures entre territoires », a indiqué dimanche le ministère.

Emmanuel Macron compte aussi s’appuyer sur la création d’un « Haut Conseil pour le climat », composé de 13 experts et scientifiques, qu’il installera officiellement mardi.

Mais les « gilets jaunes », dont les revendications sont reprises par l’opposition, crient au scandale.

« Cette révolte fiscale risque de tourner à la crise démocratique, tant le malentendu entre Emmanuel Macron et les Français ne cesse de s’élargir. Ce ne sont pas des mesures technocratiques comme un Haut Conseil pour le climat qui changeront quoi que ce soit », a estimé le chef de file des sénateurs Les Républicains, Bruno Retailleau.

La dirigeante d’extrême droite Marine Le Pen, accusée par le gouvernement de récupération du mouvement, a jugé « pas dignes » les propos de Gérald Darmanin sur la « peste brune », et exigé un « moratoire » sur les hausses de taxes passées et à venir et une augmentation des salaires.

A l’extrême gauche, Alexis Corbière a de nouveau réclamé, lundi sur franceinfo, le rétablissement de l’impôt sur la fortune et de soumettre à référendum les propositions d’Emmanuel Macron.

© AFP

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