La région de San Francisco paralysée par la pollution due aux incendies

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Dans cette image du 9 novembre diffusée par la NASA apparaît clairement la fumée dégagée par l’incendie Camp Fire qui se propage vers San Francisco
© NASA Earth Observatory/AFP HO

Mountain View (Etats-Unis) (AFP) – Dans la région de San Francisco, les terrasses des cafés fréquentées par des employés de Google et d’autres géants de la tech sont généralement bondées à l’heure du déjeuner. Aujourd’hui, elles sont pour la plupart désertes à cause de la pollution provoquée par les incendies.

Quelques passants, certains portant un masque sur le visage, se pressaient lundi après-midi pour entrer dans les magasins, afin d’éviter l’air âcre stagnant à l’extérieur. Bien que l’incendie meurtrier faisant rage autour de la ville de Paradise soit à 240 kilomètres de là, la région autour de la baie de San Francisco est recouverte depuis plusieurs jours d’un épais brouillard.

L’air de San Francisco était qualifié de nocif pour le douzième jour consécutif lundi. Purple Air, une entreprise mesurant la qualité de l’air, a classé la semaine dernière le nord de la Californie comme ayant l’air le plus vicié au monde en ce moment.

« Si je n’ai pas mon masque, j’ai l’impression que je sens les dépôts dans l’air », dit à l’AFP Eric Ryzl, alors qu’il livre des colis.

Les météorologues prévoient cependant une amélioration avec les pluies prévues pour mercredi.

En attendant, plusieurs écoles et universités de la Bay Area sont restées fermées lundi et n’envisageaient pas de rouvrir avant la semaine suivante. Celles qui ont ouvert leurs portes malgré tout ont annulé les cours de sport et autres activités en plein air.

Joanne Doria étudie au lycée de Los Altos. Elle porte un masque « parce que (son) père s’inquiète » et dit essayer de sortir le moins possible.

« Les minuscules particules provenant de la fumée peuvent endommager les poumons, et j’ai un peu d’asthme et des antécédents de pneumonie », explique-t-elle.

Les parcs et zoo étaient eux aussi fermés, et les rues d’ordinaire très fréquentées à l’heure du déjeuner étaient désertes.

De l’autre côté de la baie, un groupe appelé Mask Oakland se préparait à distribuer plus de 50.000 masques aux sans domicile fixe et aux autres personnes les plus exposées.

L’emblématique Golden Gate Bridge était plongé dans la brume alors que l’index de la qualité de l’air atteignait 172. Tout niveau dépassant les 151 est considéré comme malsain et requiert que même les personnes en bonne santé évitent de passer trop de temps dehors.

Les sites touristiques comme l’île d’Alcatraz étaient fermés, et certains résidents de la Bay Area se sont rendus dans les Etats voisins du Nevada et de l’Oregon à la recherche d’un air plus pur.

A l’université de Berkeley, les cours ont été annulés lundi et mardi, et la présidente de l’institution Carol Christ a envoyé un message aux étudiants restés sur le campus pour les informer que les bibliothèques et les salles de classe avaient le meilleur système de filtration d’air.

Le « Camp fire », qui a rasé la ville de Paradise et brûle toujours, est le pire de l’histoire de la Californie. Au moins 77 personnes sont mortes, près d’un millier sont portées disparues et plus de 11.000 maisons ont été détruites.

Alan Wang et ses trois enfants portent tous des masques alors qu’ils se pressent vers un café de Mountain View.

Bien qu’il ait essayé de limiter le temps passé dehors par ses enfants ces deux dernières semaines, l’agent immobilier tente de relativiser en repensant à la période qu’il a passée en Chine dans les années 1990.

« J’ai vécu à Pékin et c’était bien pire que ça », lance-t-il.

© AFP

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